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Lady of the Lake – Quilt de triangles pour l’été ou variations sur le rose

Ce modèle de patchwork reste un grand classique dans la série de quilts inspirés par la littérature anglo-saxonne

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Lady of the Lake – 170 x 175 cm – Été 2016 
Cousu et quilté à la main

Le nom, sous lequel depuis plus d’un siècle est répertorié ce modèle, ne laissait pas de m’intriguer

Lady of the Lake est le titre d’un long poème de Walter Scott; publié en 1810 relatant des légendes écossaises, il reste considéré comme un manifeste de la littérature romantique en ce début du XIXe siècle

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Les grands triangles disposés sur la pointe feraient allusion à des embarcations…

Walter Scott publia nombre de romans historiques inspirés par l’histoire de l’Écosse comme les inoubliables Ivanhoé et Quentin Durward, dont les éditions destinées à la jeunesse dans la bibliothèque Rouge et Or m’enthousiasmèrent enfant et restent toujours dans ma mémoire avec un vif souvenir !

Lady of the Lake, ce poème tombé maintenant dans l’oubli, influença portant tout au long du XIXe siècle la culture européenne, nombre de représentations peintes et gravées illustrèrent l’histoire de ce jeune homme ébloui par la vision irréelle d’une Dame sur une frêle embarcation traversant un lac ténébreux

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…tandis que les petits évoqueraient les vaguelettes suscitées par la barque

De longs passages de ce poème se récitèrent dans les ouvroirs, il fut tentant pour les quilteuses ainsi assemblées de baptiser leur ouvrage de ce nom si évocateur !

Rossini, à l’origine de l’opéra romantique, composa sa version de la Donna del Lago une dizaine d’années plus tard et c’est cet opéra où la nature est présente avec la sérénité mystérieuse de son lac, ses radieuses barcarolles et tendres cavatines chantées par les protagonistes de l’histoire, qui fut à l’origine de mon inspiration

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Valse hésitation dans le choix du placement des blocs …

La tendre couleur rose s’imposa donc et pour éviter de tomber dans l’écueil du « rose layette », je choisis des teintes foncées pour donner à mon quilt du dynamisme et plus de vitalité

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…pour décider finalement d’un montage linéaire plus propre à ce que je voulais transcrire

Les premiers blocs juste cousus furent confortés dans la couleur choisie par une boite de bonbons reçue à ce moment du Japon dont l’emballage des sucreries s’accorda merveilleusement au choix qui fut le mien!

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En rose, vert et jaune, hasard mais concordance inespérée des teintes choisies !

Ce projet en couleur claire et joyeuse fut aussi conçu pour servir de dérivatif aux trois mois de préparation d’un déménagement qui s’avéra plutôt laborieux

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Tirer l’aiguille entre les remplissages de cartons ne fut pas une vaine occupation !

Le déclic pour mettre en route cet ouvrage fut un tissu trouvé dans le dernier Salon parisien de loisirs créatifs, là où un couple d’Anglais proposait des faux Liberty ou des Liberty avec défauts donc sans lisières explicites (je n’ai pu déterminer laquelle des deux offres était la bonne !) à des prix assez doux

Cet imprimé, dûment sélectionné, fut utilisé dans chaque bloc pour donner le ton et l’unité au quilt

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Imprimé anglais rose d’un style m’évoquant plus le romantisme que la layette !

Des petits motifs furent privilégiés pour cet ouvrage et comme à mon habitude, j’ai mélangé des tissus de toute provenance, des étoffes pour patchwork mais aussi des chutes de tissus français de confection, des rayés de Kaffe Fasset, des Liberty et d’anciens imprimés d’ameublement légers de Laura Ashley

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D’anciens imprimés Souleiado en rose provençal…

Aux tissus fleuris sont venues s’ajouter des étoffes unies, à pois, à rayures et à carreaux afin d’éviter une trop grande uniformité; utiliser tous les tissus en ma possession reste toujours un défi mais une grande satisfaction quand le quilt est réussi

Je ne pouvais évidemment pas ne pas inclure aussi dans cet ouvrage des cotonnades japonaises !

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…en compagnie de satins de coton japonais pour futon

Chaque couple de triangles unit une teinte claire à une teinte foncée, les pièces roses pâles étant souvent remplacées par des triangles de différentes nuances de vert clair

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En incluant très peu de blanc, ma palette de teintes roses a fait quelques incursions parmi les rouges clairs !

Mais des blocs constitués d’une gamme de roses même vifs avec du carmin foncé et quelques touches de violet et de vert restaient un peu trop classiques encore, alors pourquoi ne pas y inclure une troisième teinte intrigante ?

J’ajoutai donc du jaune d’or pour des éclats de lumière et pour donner le pep qui manquait encore  !

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Rose vif, vert et jaune dans le jardin aussi, le quilt aux couleurs de l’été avec ses 2510 triangles !

Je ressortis de mes tiroirs d’anciens tubinos de fils DMC dans différentes nuances de rose, les centaines de mètres de fil encore solides malgré les ans furent bien employés !

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Souple et ne faisant pas de nœuds, je privilégie toujours cette marque si décriée par ailleurs

La doublure du quilt est un assemblage de deux cotonnades anglaises aux imprimés fleuris, tissus légers qui furent très agréables à matelasser

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Doublure de deux lés assemblés dans des teintes de rose et de rouge clair

Le matelassage qui suit sobrement les contours des grands triangles et la diagonale des petits fut réalisé en deux semaines, mettant à profit la retraite quasi forcée dans la maison pendant les quatre jours du festival des « Vieilles charrues » dans cette petite ville de Carhaix envahie à cette occasion par de phénoménales bandes de joyeux drilles !

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Le quilt est achevé par une bande en droit-fil rose foncé

Bien sûr, comme je vis dorénavant en Bretagne, là où les contes et légendes sont encore bien enracinés dans la mémoire collective, comment ne pas évoquer une autre Dame du lac ?

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La Dame du lac ou comment voir la vie en rose en Bretagne !

La fée Viviane, personnage emblématique de la légende arthurienne peut encore hanter quelque étendue lacustre…

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Près de Châteauneuf-du-Faou dans le Finistère

…ainsi que fées, elfes et autres korrigans, ce petit peuple de la nature que je ne désespère pas un jour de voir surgir au détour d’un chemin ou d’une bâtisse abandonnée…

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La nature reprend ses droits au Moustoir dans le Finistère

Bretagne – Exposition de quilts à Carhaix – Juin 2016

Après bien des péripéties la chambre des couleurs est maintenant installée dans le Finistère !

Livres, quilts et tissus ayant enfin trouvé leur place dans la nouvelle maison, il ne me reste plus qu’à reprendre le cours, momentanément interrompu, de ce blog dont les articles étaient attendus avec impatience par quelques fidèles lectrices !

A mon arrivée en Bretagne, l’association « Poher Patchwork » de Carhaix m’a ouvert ses portes fort gentiment

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Cette exposition se tient à Carhaix jusqu’au 30 juin

Ce club de passionnées dont Jacqueline est la diligente animatrice depuis une dizaine d’années, a organisé son exposition annuelle ce mois-ci dans les murs de l’office du tourisme de Carhaix situé dans une belle maison historique du centre ville

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Un coin de l’exposition à l’intérieur de l’office du tourisme de Carhaix

L’exposition dont le thème varie chaque année, avait privilégié cette fois les variations sur le carré, variation humoristique aussi sur le nom de la ville qui s’y prête si bien !

Il fut assez malaisé de rendre les vraies couleurs des quilts en raison d’une certaine obscurité des lieux éclairés par des spots de lumière jaune, aussi mes photos ne rendent pas vraiment justice à la sélection des ouvrages exposés

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Belles cheminées en pierre à l’intérieur de l’office du tourisme de Carhaix

Jacqueline qui manifeste un esprit d’indépendance fort réjouissant avait choisi pour son quilt une gamme de tissus batik sur un fond vert anis du plus bel effet

Ma photo tirant plutôt les couleurs sur le « jaune anis », cet objet de plaisanterie entre nous à propos des couleurs, s’est ainsi vu confirmé !

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Jacqueline Stephan – « Chemins croisés »

Jacqueline est une infatigable quilteuse pour qui les jours sans la possibilité de tirer l’aiguille se révèlent bien insipides !

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Jacqueline Stephan – « Pavements »

Christiane n’était pas tout à fait satisfaite du rendu de son quilt, les carrés lui semblant manquer de fantaisie, aussi ajouta-t’elle des étoiles de dentelle rebrodées de perles afin de personnaliser davantage son ouvrage

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Christianne Derrien-Plegade – « Carrément fou »

Le thème fut traité par Michèle dans des couleurs vibrantes tout à fait propices pour éclairer le mur de vieilles pierres de l’ample cheminée

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Michèle Bouedec – « Jeu de carrés »

Naïmé a réalisé un vrai Scrap Quilt dans la pure tradition du patchwork, l’intérêt fut de détailler chaque tissu employé, le tout sortant de la banalité des harmonies toutes faites telles que nous les présentent les revues

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Naimé Boursaud – « 194 heures »
Ce titre ironique fait allusion au nombre d’heures passées à tirer l’aiguille !

Corinne possédait un coupon de tissus imprimé de rainettes malicieuses, chaque bestiole fut ainsi encadrée afin de respecter le thème de l’exposition, les teintes vertes en accord avec le sujet sont rehaussées de bleus, la couleur favorite de Corinne

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Corinne Marangos – « Pour ma grenouille Héléna »

Michèle traita le sujet en plaçant ses moulins à vent dans des carrés sur fond blanc mettant en valeur ainsi les couleurs printanières des motifs en triangles

Des petits triangles coupés plus que nécessaire pour l’ouvrage furent mis à contribution afin de venir tournoyer sur la bordure du quilt

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Michèle Bouedec – « Tournent les moulins »

Naïmé encadra ses broderies en fil bleu d’inspiration orientale de multiples petits triangles disposés en « Vol d’oies » afin de renforcer le couleur dominante choisie

Les bleus associés au blanc restent un grand classique indémodable en patchwork

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Naïmé Boursaud – « Chinoiseries »

Jackie disposa ses carrés sur la pointe en longues bandes et bien que cette disposition soit un grand classique, les couleurs douces du quilt savamment imbriquées échappent ainsi à l’insignifiance trop souvent rencontré en pareil cas

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Jackie Brown – « Botaniquilt »

Les fleurs du jardin de Jackie fournirent des teintures naturelles qui vinrent colorer les étoffes, les teintes en dégradés si subtils de ce quilt en font un ouvrage éminemment personnel

Bretagne - Exposition de quilts à Carhaix

Jackie Brown – « Botaniquilt »
Détail raffiné : le nom des fleurs apparait sur chaque teinte obtenue

Diana traita le thème donné en mettant en scène une extraordinaire collection de tissus « Liberty of London » thésaurisés depuis de nombreuses années, j’y ai reconnu des imprimés fort anciens !

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Diana Johnson – « Taking Libertys »

Liberty imprimés de  multiples fleurs dans la plus pure tradition de ces étoffes mais aussi de motifs empruntés à l’œuvre de William Morris, les carrés ainsi mêlés procurant la sensation de se promener dans un étourdissant jardin fleuri…anglais bien sûr !

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Diana Johnson – « Taking Libertys » – Détails

Cette exposition, reflet de la passion pour les étoffes qu’entretiennent quelques personnes que j’ai le plaisir de connaître depuis peu, intrigua et charma m’a t’on dit, les touristes de passage à Carhaix…

160623-115 Bretagne - Exposition de quilts à Carhaix - Juin 2016

La maison dite du Sénéchal à Carhaix qui abrite l’office du tourisme de la ville
Maison ancienne datant du XVIe siècle

…alors il reste encore quelques jours pour venir l’admirer !

Paris – Flânerie de début d’année 2016

A l’ occasion d’une course vers le centre de Paris, je m’avisai que ce 6 janvier, jour de l’Épiphanie, devait être célébré comme il se doit à la cathédrale Notre Dame

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Chevet de la cathédrale Notre Dame vu du pont de l’Archevêché

Les Rois mages étaient bien venus rendre leur hommage au sein de la monumentale crèche installée comme chaque année dans le déambulatoire de la cathédrale

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Épiphanie – les Rois mages sont au rendez-vous !

Une crèche spectaculaire venue de Cracovie dont le décor est composé d’éléments empruntés aux principaux monuments de l’ancienne capitale de la Pologne

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La Nativité abritée au centre de la crèche monumentale

Des représentations des vingt-et-une églises de la ville côtoient des parties d’édifices de défense de la cité comme la principale forteresse et la Halle aux draps

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Une crèche respectant la symétrie, la brillance et la richesse de l’ornementation selon la tradition

Les vitraux sont consacrés aux saints inhumés à Cracovie et de petits tableaux narrent des scènes d’histoire et des légendes locales

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Crèche impressionnante avec ses 5 mètres de haut

La tradition des crèches polychromes avec nombre de détails pittoresques est une tradition ancienne à Cracovie surtout depuis le XIXe siècle

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Cette crèche monumentale due à la famille Markowski a remporté le premier prix en 2010 lors du concours organisé depuis 1937 de la plus belle crèche de Noël

En ces temps troublés, l’habituel sapin bruissant sous ses guirlandes et chargé d’animer le parvis de la cathédrale ne fut pas de mise, deux petits arbres au pied du portail central le remplacèrent avec une modestie de bon aloi !

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Portes aux belles ferronneries ouvragées du portail médian

Promenade dans ces quartiers anciens de Paris que j’aime plus que tout, dans une atmosphère doucement nostalgique

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L’île Saint Louis et le Quai de Bourbon

Notre goût d’arpenter les berges de la Seine en toute saison ne s’est jamais démenti mais c’est la palette des multiples nuances grisées de l’hiver qui nous charme le plus

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L’église St Gervais se laisse deviner en dominant une partie de la rive droite

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Les quais de Seine ne tentaient guère les promeneurs !

L’île St Louis abrite de beaux hôtels particuliers rescapés des constructions aristocratiques du XVIIe siècle et même si maintes fois remaniés, de beaux vestiges méritent encore une halte d’admiration

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Belle porte de l’hôtel Roualle de Boisgelin au 29 quai de Bourbon
Fronton classique du XVIIIe siècle

Mais que d’esthètes déplorent la manie qu’ont les propriétaires de peinturlurer de couleurs improbables de belles portes ouvragées !

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Un faune sur la façade de l’hôtel Le Charron au 15 quai de Bourbon
Hôtel construit en 1637 -1640 pour l’ intendant des finances, Jean Charron

Cette semaine de début janvier achevée, les désormais mesquines et le plus souvent laides illuminations parisiennes seront remisées en ne laissant que peu de regrets

160105_069 Paris - Flânerie de début d'année 2016

Paris offre un décor au dôme parfait du Panthéon dressé sur la colline St Geneviève

Notre Dame de Paris fêtait à sa façon mais d’admirable manière la COP 21…Ce sera l’objet du prochain article

Nouvelle année 2016

A toutes les personnes qui lisent ce blog fidèlement et qui y trouve de l’intérêt, du dépaysement et quelques réflexions de bon sens, je souhaite une

BONNE ET HEUREUSE NOUVELLE ANNÉE  2016 !

 AKEMASHITE OMEDETO GOZAIMASU

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Bijinga, peinture traditionnelle de jolies femmes
Kakemono datant des ères Meiji ou Taishô – Vers 1910-1920
Peinture sur soie trouvée sur une brocante à l’automne 2015

 Pour moi, 2016 sera l’année d’un grand changement

Je quitterai Paris avec des regrets certains mais je m’échapperai de sa banlieue avec grand soulagement !

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Hic et nunc … Magno cum gaudio
A St Herbot (près de Huelgoat) on semble me souhaiter la bienvenue !

Nous nous installerons en centre Bretagne afin d’y trouver la sérénité qui nous fait tant défaut maintenant en région parisienne

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Maison ancienne dite « du Sénéchal » dans le centre-ville de Carhaix

Notre point de chute est fixé près de Carhaix, une étape provisoire qui nous permettra de sillonner la région entre les Montagnes Noires et les monts d’Arrée afin d’y trouver le logis idéal

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Pendant les aller-retour en Bretagne, les 3 heures 30 de trajet en TGV sont bien employées !

En espérant que l’année 2016 soit favorable…

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Chutes d’indigo… toujours pour des cubes
Travail un peu décourageant à assembler mais cela avance à petits pas !

Bien des projets déjà mis en œuvre à plusieurs stades d’avancement seront à finaliser

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Des soies japonaises de kimono pour des petits carrés où le noir joue au dénominateur commun

Des ouvrages recyclant mes antiques tissus japonais encore…

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Collection d’étoffes japonaises anciennes rayées
Le projet est au point…reste l’assemblage !

…même si j’envisage l’arrivée du printemps en Bretagne sous le signe « De soleil luyant, cler et beau »

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Une « Lady of the Lake » poudrée de rose !

D’ici là encore quelques articles de reportages de voyages au Japon comme délassement au remplissage d’une centaine de cartons de livres et de tissus !

Shin Shun – Nouveau printemps – Quilt de fête – Tissus japonais contemporains

J’ai choisi à dessein les étoffes composant ce quilt afin de célébrer les fêtes de fin et de début d’année

Les tissus japonais contemporains, multicolores aux motifs soulignés de doré plutôt destinés aux petits travaux de couture laissent, paraît-il, les quilteuses assez perplexes sur leur bon usage en patchwork

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Shin shun – Nouveau printemps – Quilt pour la nouvelle année – Cotons japonais contemporains
Cousu et quilté à la main – 130 x 130 cm – 2015

Ce type d’étoffe est généralement imprimé de motifs traditionnels de bon augure rejoignant d’antiques traditions décoratives rencontrées sur maints supports partout au Japon

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Quelques Temari, balles décoratives recouvertes de fils de soie, de ma collection sur un tissu imprimé justement de Temari !

A la fin d’une de mes visite dans un Salon de loisirs créatifs, différents tissus conçus pour le patchwork et déjà découpés en bandes de 20 x 110 cm étaient proposés à la vente en prix réduits

J’y dénichais plusieurs coupons de tissus multicolores et des bleus foncés japonais imprimés de petits motifs, copies modernes de textiles indigo anciens

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Les blocs placés sur leur diagonale semblent accentuer la chute des fleurs blanches imprimées sur le tissu en de longs ruisseaux continus

Le tissu omniprésent sur mon ouvrage est imprimé sur fond bleu indigo de minuscules fleurs blanches de pruniers ou de cerisiers et de Temari, les ballons décoratifs, d’éventails et de bobine de fil de soie, tous ces motifs surlignés de doré à profusion

Ce tissu m’évoquant irrésistiblement les décorations de papier exposées au Japon au moment des fêtes du Nouvel An, je décidai donc d’interpréter selon mon imaginaire ces souvenirs de liesse qui mettent à cette période, tellement d’animation partout dans les villes

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Couleurs vibrantes de papiers Washi dans un choix de teintes propices aux fêtes de fin d’année
La balle Temari surmonte une classique bobine de bois entourée de fils de soie
Boutique dans Karasumadori, la grande artère commerçante de Kyôto

En présence de ce genre de tissu aux foisonnants motifs, deux choix peuvent alors s’offrir, soit calmer le jeu en tentant de les affadir à l’aide de couleurs neutres, soit accentuer leur côté bigarré avec le risque -assumé- de frôler les limites d’un certain capharnaüm réjouissant !

Mon choix de non conformiste fut décisif !

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Les rouges sortent leur épingle du jeu

Je découpai les blocs aux motifs imprimés multicolores en carrés de dimensions plutôt modestes et pour les accompagner, je privilégiai des petits blocs composé de minuscules triangles

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Quilt composé de 99 carrés découpés aux dimensions de 7,5 cm de côté

Chaque paire de petits triangles unit un tissu très coloré avec un bleu foncé uni ou imprimé ton sur ton

Diverses nuances de rouge en grand nombre furent nécessaires afin de faire ressortir les blocs composés

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Petits triangles rectangles de 2,5 cm composant un bloc de 7,5 cm de côté
100 blocs de patchwork composent l’ouvrage, soit une découpe totale de 1800 petits triangles !

La plupart des tissus colorés des triangles proviennent de chutes de textiles japonais pour confection, des satins de coton destinés à confectionner les Futon apportent un aspect lumineux à l’ensemble

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Les jaunes et les verts clairs apportent de la luminosité

Une petite bordure intermédiaire imprimée de fleurs de prunier-cerisier encore ! affiche du rouge foncé afin de souligner les rouges du centre de l’ouvrage et précède une autre plus large reprenant l’étoffe chamarrée, respectant ainsi ma conception de la surcharge !

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La bordure intermédiaire comme rappel du centre de l’ouvrage

Le rendu final du quilt, auquel je fus confrontée une fois l’ouvrage terminé, se révèle en fin de compte plus proche d’un tissu imprimé que d’un patchwork pourtant savamment élaboré !

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Joindre deux lés de tissus pour la bordure en les séparant par une petite bande rouge imprimée de motifs dorés évidemment !

Quilter les blocs de petits triangles se révéla peu judicieux en raison des trop nombreuses marges de couture, les carrés imprimés reçurent alors un matelassage sous forme de cercles en fils à coudre un peu épais de différentes couleurs afin de reprendre les teintes de l’ensemble

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Fantaisie des cercles quiltés librement sans le souci de les centrer au milieu des carrés

La doublure recycle, comme à mon habitude, trois lés d’étoffes d’ameublement assez légères sur fonds bleus

L’imprimé aux grandes fleurs de prunier-cerisier, toujours ! et de papillons dans le style « campagne fantaisiste » est accompagné d’un tissu de fleurs « exotiques » dans la veine des Indiennes

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Tissu d’ameublement français du centre complété de deux lés de tissus japonais sur fond bleu foncé

Les tissus achetés étaient donc des bandes prises sur la totalité de la largeur de l’étoffe, et déchirées afin de rétablir, je suppose, le droit fil nécessaire, sauf que certains tissus ne supportent pas d’être traités si violemment et en gardent des traces indélébiles !

Je m’aperçus avec consternation que tous les bords comportaient des fils tirés du plus mauvais effet, je dus émarger environ 5 cm sur chaque côté des coupons, ce qui prouve que les offres supposées avantageuses se révèlent souvent illusoires !

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Manquant du tissu rouge foncé pour la bordure intermédiaire, je fus contrainte d’utiliser quand même un morceau comportant des fils tirés dus à un déchirement intempestif

Petite mésaventure qui peut permettre de prêter une plus grande attention à ce que l’on achète, surtout dans les Salons !

Dernier quilt terminé de l’année …Mais quelques travaux en cours seront dévoilés lors du prochain article du premier Janvier à venir

 

Aki no yûgure – Soir d’automne – Quilt en tissus japonais – Jeux sur les rayures

J’ai une prédilection particulière pour les tissus à rayures et j’aime fort les combiner surtout quand ils sont réputés se nuire mutuellement une fois assemblés !

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Aki no yûgure – Soir d’automne – Quilt en tissus japonais
120 x 120 cm – Cousu et quilté à la main – 2015

L’idée de ce quilt vient des promenades au début de printemps et en fin d’automne faites dans la campagne autour de la ville de Nihonmatsu où la marche est souvent agrémentée d’un vent glacial descendant en rafales du mont Adatara

Les tissus rayés m’évoquent les pointes acérées du vent quand, entre chien et loup, la lumière voilée de fin d’après-midi cède tout à coup à un clair-obscur suscitant le désir de vite rentrer au chaud !

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La ville de Nihonmatsu se blottit au pied du mont Adatara dans la préfecture de Fukushima

Je voulais disposer d’une petite collection de tissus à rayures achetés au Japon lors de mes voyages, étoffes artisanales comme les cotons rayés d’Aizu et les tissages à la texture crêpée Shijira d’Awa, complétés par des unis tissés de fils épais irréguliers

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Aizu momen – Petits rouleaux de cotons d’Aizu
Ici, proposés à la vente dans la boutique d’une gare !

Nombre de ces tissus à rayures et unis pour kimonos ont été trouvés un peu partout dans la région d’Aizu sous forme de petits rouleaux de 50 cm sur 30 cm de large, dans les magasins touristiques, mais aussi dans les kiosques de gares, dans le coin d’un supermarché, dans un magasin de vêtements…

140326_096m Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Aizu momen utilisés pour la confection de porte-monnaie
Ce genre d’article se trouve fréquemment dans la préfecture de Fukushima

Consciente de la difficulté de confectionner un ouvrage uniquement avec des tissus rayés de différentes couleurs, mon projet nécessitait un bloc simple afin d’éviter une trop grande disharmonie

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Bloc basique de triangles prolongés d’un carré 

Les étoffes se partagent entre fines et larges rayures tissées, mais un écossais aligne des carreaux lumineux et joue le rôle du point intrigant dans le quilt

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Un intrigant écossais clair parmi toutes les rayures sert de point focal

Deux petits triangles unis servent de liaison afin de rehausser le textile rayé dans chaque bloc et limitent ainsi la confusion qui, sans eux, ne manquerait pas d’advenir !

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Des rayures jaunes un peu discordantes ont quand même trouvé leur place 

Le placement tête bêche des blocs ordonne le sens des rayures, car disposées côte à côte comme elles sont, il fallait leur offrir suffisamment de contraste pour éviter qu’elles ne jouent à l’embrouillamini !

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Les petits triangles unis forment le dessin secondaire de moulins à vent

Par économie de tissu, la disposition des rayures dans les grands triangles ne sacrifie pas à la symétrie suivant leur diagonale, les carrés rayés leur faisant face sont disposés en sens contraire afin d’éviter un alignement peu satisfaisant

151115_021Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Désirant utiliser tous les tissus à ma disposition, j’ai évité au maximum l’écueil de placer des rayés trop ressemblants côte à côte

Pendant le quilting, je m’aperçus que le carré d’un bloc avait échappé à ma surveillance mais le fautif fut rapidement remis dans le doit chemin !

151011_001Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Petite erreur de placement !

Si les tissus unis sont assez épais, les étoffes rayées se partagent entre souplesse et densité, heureusement que la couture à la main permet presque toujours de s’arranger avec ce genre de menus problèmes !

151115_019 Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Les étoffes rayées de l’ouvrage sont neuves et assez récentes
Un bloc seul, en haut à l’extrême droite, est formé d’un tissu ancien
Petit clin d’œil à mon affection pour le recyclage !

La bordure a été prélevée sur un rouleau d’étoffe rayée pour kimono, tissu de goût populaire typique de la mode des années 1950-60 qui s’accorde bien avec le côté « vintage » de l’ouvrage !

Le quilting suit ou contrecarre le dessin des rayures, exécuté avec des fils à coudre un peu épais, il maintient simplement les épaisseurs sans ajouter de motifs supplémentaires

151115_034 Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Fils à coudre pour « coutures solides » parfaits pour quilter
Les croisillons sur la bordure ont été réalisés au fil rouge foncé
Aki no yûgure traduit notre expression « entre chien et loup »

La doublure, déjà utilisée pour mon quilt précédent, exploite le reste d’un coupon de tissu français à rayures bleu foncé sur fond gris, sa texture souple en a fait un partenaire idéal pour sauvegarder mes doigts de trop de piqûres pendant le quilting !

151115_026 Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

La doublure en situation
A rayures évidemment !

La petite bordure de finition joue sur le contraste de sens des rayures, un petit peu de fantaisie en guise de point final

Japon – L’automne à Kyôto – Le Ryôanji – IV – Kôyô no jiki

Au Japon, les temples ferment leurs portes généralement vers 16h30; une fois le Hôjô et son Karesansui clos, le jardin paysager du Ryôanji se laisse encore admirer jusqu’à la tombée de la nuit

121116_416 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - IV -  Kôyô no jiki

Il faut emprunter les grands escaliers de pierre pour redescendre dans le jardin paysager

Dernière flânerie sur le chemin contournant l’étang en profitant de Kôyô no jiki, « la saison des feuilles rouges d’automne »

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Nichée dans la verdure, une porte en treillis de bambous menant vers un lieu un peu mystérieux !

Comme nous cheminions solitaires dans ce paysage livré à notre seule contemplation nos multiples arrêts admiratifs autour de la pièce d’eau furent bientôt accompagnés par un superbe et inattendu coucher de soleil !

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Soleil couchant sur l’étang du Ryôanji dans ses couleurs d’automne

A ce moment, les teintes douces et vaporeuses de fin d’après-midi redevinrent éclatantes, une lumière dorée et vibrante s’étendit sur la végétation et la palette de Dame Nature n’en finit plus de déployer ses couleurs ardentes dans l’unique but de nous éblouir évidemment !

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Une île au milieu de l’étang abrite le temple de Benzaiten san mais les divinités sont généralement inaccessibles !
Le jardin est du style Shakkei, « le paysage emprunté » il inclut les collines en arrière fond

Une petite île sur l’étang abrite un temple consacré à Benzaiten sama, avatar du genre féminin des arts et de la musique, divinité accordant protection et prospérité à ses sectateurs

121116_471Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - IV -  Kôyô no jiki

Benzaiten sama comme incarnation divine est associée à l’élément liquide
Son temple se situe donc logiquement au milieu des eaux !

Le jardin et son étang sacrifie au style Shakkei « le paysage emprunté » l’effet de profondeur donné à ce petit espace se trouve amplifié par l’environnement naturel de Kinugasa yama, les collines du Nord Ouest, en arrière plan

121116_905-2jpg Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - IV -  Kôyô no jiki

La barque de la divinité en voyage…
A moins qu’elle ne serve plus prosaïquement qu’aux jardiniers du temple

Mais cette brusque magie de couleurs intenses se révéla éphémère…

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Nous observâmes longuement le ballet des graciles aigrettes à la recherche de leur pitance

…le soleil retiré au-delà des collines laissa place à une lumière déclinante masquant peu à peu le paysage sous des teintes aux nuances brunes monocordes

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Sur les rives de l’étang, les derniers rayons du soleil font vibrer l’incandescent rouge des érables

Soudain surpris par une fraîcheur insidieuse, il fut grand temps de laisser le jardin à sa vie nocturne…

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Sanmon – la Grande porte d’entrée et ses dépendances de gardiennage

…afin de retrouver les avantages des services courtois « à la japonaise » qu’offre la vie contemporaine dans des grandes villes comme Kyôto !

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Une journée de tourisme fiévreux s’achève

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La grande porte s’est refermée sur un univers hors du temps

Japon – L’automne à Kyôto – Le Ryôanji – III – Autour du jardin Karesansui

Les divers bâtiments du temple Ryôanji se conforment au Shoin zukuri, le nouveau style d’architecture créé à l’époque Muromachi, sobres constructions en faveur auprès de la noblesse militaire et des temples affiliés au Bouddhisme Zen

121116_593 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - III - Autour du jardin Karesansui

Hôjô du Ryôanji – Les salles en enfilade de style Shoin mais de facture contemporaine
Les Shoji ouverts encadrent la vue sur le Karesansui (à gauche)

Le Hôjô, à l’instar de tous les édifices sacrés ou profanes construits uniquement en bois, fut détruit plusieurs fois au cours des âges par le fait d’incendies

Mais il fut à chaque fois reconstruit dans le style originel de l’architecture du XVe siècle, selon la coutume au Japon qui est de rebâtir toujours un temple dans son style initial

121116_512 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - III - Autour du jardin Karesansui

Hôjô du Ryôanji – Les murs de plâtre blanc aux poutres de soutènement brunes sont typiques de l’architecture du bouddhisme Zen

Le Hôjô en plus d’être l’appartement du Supérieur servait aussi de salle de réception pour les envoyés du Tennô, l’empereur, ce qui nécessitait une décoration dépouillée bien en phase avec l’esthétique du Zen

Malgré l’austérité prônée par le Zen, de somptueux Fusuma décorés de peintures sur fond de feuilles d’or ornaient le Hôjô jusqu’au début du XXe siècle

Mais ils furent dérobés avant ou après la guerre et une moitié seulement fut retrouvée aux USA; les panneaux proposés aux enchères furent acquis par un acheteur anonyme et restitués au temple, ils reposent désormais à l’abri mais loin du regard des visiteurs !

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Hôjô du Ryôanji – Les Fusuma , cloisons coulissantes, permettent commodément de réduire ou d’agrandir l’espace disponible

L’architecture Shoin zukuri de l’époque Muromachi se caractérise par l’installation sur les sols de tatamis, la mesure des dimensions des pièces se calculera désormais en fonction de leur nombre

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Hôjô du Ryôanji – Les Fusuma ont reçu des peintures monochromes de style Nanga
Elles n’ont été réalisées qu’à l’époque Showa (1926-1989)

Des Fusuma, des cloisons mobiles recouvert de papier Washi opaque et décorés en général de peintures, seront en charge de la distribution des pièces et des Shôji en papier Washi translucide en guise de fenêtres remplaceront les lourds vantaux aux abattants de bois des époques précédentes

Mais le Hôjô du Ryôanji ne possède pas de Shôji, des portes en bois protègent le bâtiment contre la pluie, le froid et assurent la fermeture pour la nuit

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L’espace laissé entre les Fusuma et le plafond est souvent décoré de frises de bois ajouré
Audacieuses peintures de dragon sur les Fusuma en référence au nom du Ryôanji, « le temple du repos du dragon »

Les plafonds dans l’aménagement Shoin zukuri sont en général à caissons remarquablement élaborés, mais au Ryôanji, le plafond de bois moderne est d’une stricte sobriété

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Les décors de paysages sous la brume ou de dragons s’élançant dans les cieux ont toujours été en faveur dans l’esthétique Zen

Le bâtiment du Hôjô est monté sur pilotis et doté de vérandas pourtournant l’édifice, une galerie plus profonde donnant sur le jardin et trois plus étroites sur les autres côtés

Ces auvents aux toits largement débordants sont chargés de protéger les constructions contre le ruissellement des eaux de pluie

121116_561Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - III - Autour du jardin Karesansui

Tout autour du bâtiment, le toit de la véranda au plafond de bois à chevrons apparents

Le jardin Karesansui se déploie sur la face nord du Hôjô, mais sur les autres côtés de la véranda la nature reprend ses droits

Même si c’est une nature qui doit beaucoup à la main de jardiniers !

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Jardin de mousses s’étendant au pied d’érables rougeoyants sur le côté du bâtiment faisant suite au jardin Karesansui

En foulant, sans chaussures évidemment ! la galerie entourant le Hôjô, des détails architecturaux ne m’ont pas laissée indifférente !

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Détails des Sankarado, portes en bois plein dont le haut est constitué de vantaux à claire-voie
Détails d’éléments d’architecture typiques du Zen

Des portes en bois plein aux sculptures animalières de Shishi, les chiens-lions chargés d’assurer la protection des lieux…

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Porte de bois au décor sculpté clôturant l’extrémité des galeries – Détail

..aux portes en bois aux vantaux ajourés avec des ferrures et des poignées de bronze gravé

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Ravissante poignée de porte en bronze (ou laiton) teinté

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Clou de porte en bronze doré avec le Kiri Mon (fleurs de Paulownia) attribut actuel du gouvernement japonais et les chrysanthèmes à 16 pétales, emblème de la cour impériale

Divers autres bâtiments cultuels, non ouverts à la visite, enserrent étroitement le Hôjô, séparés de lui par de très petites bandes de terrain planté de différentes espèces végétales, la couleur de feu des érables dominant le vert ambiant

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De l’ombre à la lumière
De la véranda, vu sur les étroits espaces verts séparant les bâtiments

Là aussi des détails remarquables même s’ils sont devenus des ornements conventionnels astreints aux habituelles protections-décorations de tous les temples bouddhiques

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Sur le pignon du toit, un acrotère à figure d’Oni, un démon,  surmonté du Hôju, le joyau sacré bouddhique

J’aime particulièrement les fenêtres, toutes différentes en taille, en forme…

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Katô mado – Fenêtre dont le haut symbolise des flammes
Fenêtre typique de l’architecture Zen

…des plus simples aux plus élaborées dans leur décor, mais toujours sobres, esthétisme Zen oblige !

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Katô mado, dans le genre fenêtres coulissantes
Je ne suis pas sûre que cette forme, au demeurant plaisante, soit vraiment historique !

La cloche en bronze du temple accrochée sous un auvent et toquée par un long bâton sert à appeler les moines pour les offices, le travail ou les repas

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Jardins du Ryôanji aux couleurs flamboyantes de l’automne

Les tuiles rondes habituelles, toute neuves, couronnent les toits modernes du Ryôanji

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Décor habituel d’un temple avec sa cloche, ses toits recouverts de tuiles
Les embouts des tuiles rondes affichent le symbole Mitsu domoe censé protéger contre l’incendie

Les temples possèdent souvent, dans leur jardin, des fontaines-vasques destinés aux ablutions rituelles

Ce Tsukubai de forme ronde creusé dans une pierre à l’image d’une pièce de monnaie chinoise, nécessite de se pencher en signe d’humilité pour procéder à la purification de la bouche et des mains

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Un bambou creusé alimente le Tsukubai en eau
L’eau est puisée à l’aide d’une Hishaku, une louche en bambou munie d’un long manche

Forme de Tsukubai courante dans les jardins mais celui-ci possède quatre Kanji gravés de chaque côté de sa margelle et qui, associés au carré du centre signifiant « bouche », forme une sentence inhérente au Zen signifiant à peu près « Je sais seulement qu’il ne faut avoir ni trop ni peu » formule qui peut se comprendre selon son degré de spiritualité !

121116_585 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - III - Autour du jardin Karesansui

Tsukubai signifie littéralement se baisser avec respect

La visite du Hôjô se conclut en longeant des paravents où des calligraphies puissantes suggèrent bien l’éloquence du Zen !

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Teranishi Kenzan (1859-1945)
Tsûki – Entrée ou Passage de l’Esprit calligraphié sur un écran

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Teranishi Kenzan – Calligraphie sur une paire de paravents – Détail de l’un deux

Un dernier article conclura cette visite détaillée ! du Ryôanji

Japon – L’automne à Kyôto – Le Ryôanji – II – Le Jardin Karesansui

La création de jardins d’un style nouveau à l’époque Muromachi (1333-1573) suit de très près l’esthétique du bouddhisme Zen qui, fortement influencée par les modèles à reproduire venus du Continent, s’affranchira peu à peu de la notion de jardins de plaisance des lettrés chinois

121116_539 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Espace clos pour le Karesansui, le jardin de méditation au Ryôanji
Vu au travers des branches d’un érable jouxtant la véranda du Hôjô, la résidence du Supérieur du temple,

Les deux sortes de jardins souvent aménagés dans l’enceinte des monastères Zen ne sont pas discordants, au jardin de promenade autour d’une pièce d’eau pour la contemplation d’une nature idéale recréée correspond dans un espace clos, le Karesansui, un petit jardin de goût austère dévolu à la méditation

121116_479 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Karesansui – Fin d’après-midi d’automne dans le jardin du Ryôanji
Rectangle clos de 25 x 10 mètres
Vu de l’entrée, cliché pris en position debout !

Ces jardins de dimension réduite ne permettant pas la circulation sont destinés à être regardés en position assise sur le seuil des vérandas ou encadrés par les Shoji entrouverts, les cloisons coulissantes, des appartements des Jyûshoku, les Supérieurs des temples bouddhiques

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L’extrémité du Karesansui avec 2 groupes de 5 pierres
Photo prise du côté nord, en étant assis sur la véranda dont la position surplombe légèrement le jardin

Ces jardins de contemplation furent conçus par des artistes-moines bouddhistes cultivés s’adonnant aussi à la poésie et à la peinture à l’encre monochrome Nangaha, style inspiré de l’art pictural chinois

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Ryôanji – Fusuma dans le Hôjô
De style Nanga, ces peintures de paysage n’ont été réalisées qu’à l’époque Showa (1926-1989)

L’imaginaire et le vide évoquant l’infini contenus dans les peintures de paysage de style Sansui « montagne et eau » furent recréés symboliquement dans l’espace réel des jardins

De sobres éléments, du sable, des graviers, des pierres et quelques mousses ou végétaux persistants disposés dans un espace dûment étudiés d’après le Sakuteiki, « Traité sur l’aménagement des jardins » suffisent seuls à rendre dans ce microcosme abstrait l’essence d’une nature intellectualisée

121116_549 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Groupes de 2 et 3 pierres qui réunis forment une combinaison de 7 éléments

Cet intrigant jardin du Ryôanji soigneusement entretenu chaque jour par des moines qui y travaillent avec une ferveur minutieuse n’est pourtant pas immuable, il vibre selon les nuances de la lumière aux changements de saisons, une feuille qui vient s’échouer sur le sable fournit un sujet d’animation et de profond questionnement !

121116_493 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Groupe de 2 rochers le long du mur du fond
Le muret qui enclot le jardin est constitué de terre cuite dans l’huile de navette, qui lui confère une solidité exceptionnelle

La lumière aveuglante de l’été sur le lit de graviers blancs de kaolin cède, en automne, aux douces nuances grisées, c’est en cette saison, assise sur la véranda en toute fin d’après-midi, que je préfère me fondre dans ce jardin

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Le premier groupe de 5 pierres à l’entrée du jardin
Jeux d’ombres créés par les ondulations du gravier blanc autour des rochers

On peut voir une synthèse de paysage en réduction dans ces arrangements de sable et de graviers savamment ratissés animant la surface et évoquant, à proximité d’un rivage, les rides du courant formant des ondes concentriques autour de quinze îles-rochers

Mais plus sûrement que la contemplation d’un paysage en miniature, cet espace créé pour la méditation permet une introspection silencieuse et il arrive que la conscience se focalisant sur un point du jardin fait se dissoudre peu à peu la surface accidentée de sable et de pierres

121116_504 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Lumière douce d’un soir d’automne sur le Karesansui
La taille du jardin, un rectangle de 75 Tsubo (ou 150 tatamis !) se traduit par 25 x10 mètres, surface particulièrement importante pour un Karesansui, généralement beaucoup plus petit

Au Ryôanji, les quinze rochers naturels sont disposés par groupes de cinq, de deux et de trois, leurs réunions forment le chiffre sept, respectant la tradition ésotérique des chiffres bénéfiques 7-5-3 qui rythment la vie japonaise encore de nos jours

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2 groupes de 3 et 2 pierres
Les rochers non retaillés sont installés dans le jardin en respectant, en principe, la position qu’ils occupaient dans la nature

Ce Karesansui énigmatique est l’œuvre de jardiniers-paysagistes restés anonymes, mais la chronique ne se résolvant pas à admettre d’aussi obscurs artistes, s’empressa de l’attribuer à Sôami, célèbre peintre de style Nanga !

Ce jardin particulièrement renommé dès le début de l’époque Edo, connut au cours des siècles bien des interprétations

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Groupe de 3 pierres
Les tapis de mousses au pied des rochers apportent sobrement une touche de couleur

Toranoko watashi, les « petits tigres traversant » est le nom sous lequel était connu ce jardin à l’époque de sa construction d’après une antique légende chinoise d’une mère tigre transportant ses trois petits en faisant de nombreux aller-retours afin de les préserver de la voracité de l’un d’eux

Cette théorie, que d’aucuns jugent farfelue en ne se fondant que sur une vision matérialiste ! a le mérite de mettre en lumière le système de pensée symbolique qui régentait alors au Japon toutes les réalisations humaines

121116_483 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Le premier groupe des 5 rochers de basalte
Photo prise en position assise sur la véranda

Si la combinaison Shichi go san, 7-5-3 est maintenant acceptée, il y a aussi la théorie des agencements de pierres selon l’idéogramme Kokoro, le cœur ou l’esprit, tel que ce Kanji est librement calligraphié

Les cinq groupes de rochers pourraient également symboliser cinq grandes montagnes chinoises ou encore les cinq Gozan, les temples Zen les plus importants de Kyôto

121116_503 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Au-dessus du muret dont les couleurs patinées s’accordent avec la notion de Sabi, le toit étroit à double pente est recouvert de bardeaux de cyprès
Les bardeaux sont une restauration « à l’ancienne » car je l’ai encore vu, il y a quelques décennies recouvert de tuiles modernes

Il n’est pas possible en l’état actuel, debout ou assis sur la véranda, d’embrasser la vue des quinze pierres en une seule fois, ce qui encourage à admettre, selon la pensée Zen que l’idée de la perfection n’est qu’une illusion et une recherche vaine !

On prétend qu’autrefois quand le Jyûshoku, le Supérieur du temple, était assis au centre d’un plus vaste Hôjô, son logement, dont la taille fut réduite après l’incendie de la fin du XVIIIe siècle, il lui était possible de contempler les rochers au complet !

121116_609 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

A la manière des Bonseki « Jardin de pierres sur un plateau » jeu raffiné des esthètes depuis le XVIIe siècle pour harmoniser l’arrangement des pierres dans un jardin
En vue plongeante, les 15 rochers sont enfin visibles dans leur totalité
Bonseki exposé à l’entrée du Karesansui

Du jardin de sa résidence, Hosokawa Katsumoto, l’ordonnateur du Karesansui, aimait faire ses dévotions tourné dans la direction du Otokoyama Hachimangû, sanctuaire éloigné de Kyôto mais fort vénéré à l’époque

Des huit points de vue remarquables de la capitale, à la fin du XVe siècle, qu’il pouvait admirer de son jardin, les grands arbres qui s’élèvent désormais au-delà du muret ne le permettaient déjà plus à la fin du XVIIIe siècle

121116_530 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Guide des sites remarquables de Kyôto publié à la fin du XVIIIe siècle
De grands pins à l’époque, barrent déjà l’horizon

Les religieux convertis à la philosophie du bouddhisme Zen et désirant quitter l’univers d’apparat des jardins aristocratiques, sublimèrent ces compositions abstraites qu’ils destinèrent principalement à la recherche de l’Éveil

121116_480 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Jeu sur la perspective et sur l’effet de profondeur
La dimension du muret de 1,80 mètres se réduit progressivement jusqu’à perdre une hauteur conséquente à la jonction des 2 pans de murs

Mais ce jardin est devenu une image simplement évocatrice de la civilisation japonaise…

121116_490 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Le jardin s’incline doucement vers le Sud-Est afin de faciliter l’évacuation des eaux pluviales
En bas de la véranda, des dalles de granit doublées d’un lit de gros graviers aident à drainer l’écoulement de l’eau

 …même si son sens esthétique universellement admiré, fait l’impasse maintenant sur le pourquoi de sa création

Ryoanji Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Le nom du temple Ryôanji calligraphié avec les sceaux adéquats, et conservé depuis plus de 35 ans dans notre Shuin chô !
Le temple n’accorde plus désormais le souvenir de la visite

Un troisième chapitre -à venir- refermera cette visite au Ryôanji

Japon – L’automne à Kyôto – Le Ryôanji – I – Le jardin paysager

 Suite de la visite des grands temples au Nord-Ouest de Kyôto, après une belle matinée à admirer le Kinkakuji …

121116_652 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

L’automne dans les jardins du temple Ryôanji « le temple du repos du dragon »

…nous consacrâmes la fin d’après-midi à revoir le jardin Karesansui, le jardin de pierres et de sable rempli de mystère du Ryôanji, temple affilié au Myôshin-ji, une des cinq plus grandes écoles du Rinzai-shû, branche du bouddhisme zen

121116_382 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

Plan du complexe monastique du Ryôanji

Dès la grande porte franchie, l’itinéraire emprunté s’étire doucement, en cette saison, sous des frondaisons aux couleurs automnales

121116_686 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

Sanmon – La grande porte d’entrée du complexe de temples zen

Le chemin en cette presque fin d’après-midi, soulagé des flots incessants de touristes, permettait aux seuls chants d’oiseaux d’animer les lieux redevenus calmes et paisibles

121116_884 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

Les érables s’enhardissent sur le chemin de promenade

Sur le sentier, du côté des grands murs de pisé enserrant des temples secondaires, les érables couronnaient de leur feuillage d’or les barrières de bambous

121116_646 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

Les feuilles dorées des érables ne se décidaient pas encore pour le rouge flamboyant !

Le sentier desservant tous les bâtiments monastiques, longe une partie de l’étang…

121116_387 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

Kyôyôchi – « Au miroir de l’étang »
Au soleil déclinant en toute fin d’après-midi
Des fleurs de lotus et des nénuphars recouvrent presque la totalité de l’étang

…il mène au célébrissime jardin minéral mais arrivés devant l’entrée et malgré l’heure tardive, la véranda face au jardin demeurait encore trop fréquentée à notre goût !

121116_675 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

La période de Kôyô, la saison des feuilles rougeoyantes, déploie ses couleurs autour de l’étang

Nous décidâmes alors de continuer tranquillement la visite du superbe jardin vert paysager ordonné autour de son étang, avant de revenir tenter notre chance un peu plus tard !

121116_636 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

Sur le chemin d’accès, des haies de bambous comme clôtures de temples secondaires

Le touriste lambda ne s’attardant pas au-delà des lieux « à voir absolument », notre déambulation se déroula donc dans la plus grande quiétude afin de profiter sereinement des attraits offerts par la promenade

121116_476 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - I -

Haie de bambous écorcés succédant aux murs d’enceinte délimitant les temples

Le chemin, légèrement vallonné sinue entre de sveltes et grands pins, des érables, des cerisiers au tronc noueux et des buissons de camélias, la variété des essences d’arbres se devant animer en couleurs ce jardin au fil des saisons

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Simplicité et beauté des matériaux naturels mis en œuvre tout au long du parcours

Les sous-bois du jardin naturel, souches d’arbres, racines et belles pierres sont entièrement recouverts d’un tapis velouté de mousses de différentes espèces, qui loin d’être considérées comme envahissantes participent au charme et à la quiétude des lieux

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Les rochers aux formes tourmentées ont toujours une place de choix dans les jardins
Selon les croyances du Shinto, les Kami, les déités, aiment s’y reposer

Le complexe monastique s’élevant sur une colline en pente douce au Nord Ouest de Kyôto, les temples bâtis au-dessus de l’étang situé au pied du vallon demandent d’emprunter de grands escaliers empierrés pour accéder aux saints des saints !

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Un des trois imposants escaliers menant aux différents temples

Avec la promenade autour de son étang, le passage sur ses ponts ou encore le détour sur ses îles, ce jardin qui invite à la promenade est encore du style des arrangements des époques antérieures à l’époque Muromachi (1333-1573) période où l’esthétique Zen favorisa l’aménagement de jardins secs minéraux uniquement conçus pour la méditation

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Koke niwa, le jardin des mousses, à l’entretien extrêmement soigné

Un temple premier fut construit au milieu du XVe siècle sous l’égide de Hosokawa Katsumoto (1466-1507) sur un terrain reçu en héritage de sa puissante famille des Fujiwara

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Sur le mur en pisé de l’enceinte légèrement oblique, le toit largement débordant prévient les dégradations de  la pluie
La pièce de bois soutient les chevrons et termine la poutre faîtière
Le petit fossé d’écoulement des eaux, au pied du mur, se situe sous le soubassement de pierre

Issu de la classe des Buke, l’aristocratie militaire, Hosokawa tint une fonction de haut fonctionnaire auprès du Shôgun Ashikaga Yoshimasa mais pour une question de légitimité du pouvoir, il provoqua la désastreuse Ônin no Ran, la guerre d’Ônin, qui pendant dix ans ( 1467-1477) mit la capitale Kyôto à feu et à sang en détruisant une grande partie de son patrimoine ancien

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Ces rustiques murs aux teintes délavées sur lesquels la lumière joue et s’attarde sont représentatifs de l’esthétique Wabi-Sabi, une préférence pour la simplicité et le goût pour la patine du temps

Mais ce foudre de guerre était aussi un esthète, passionné de philosophie zen, et pour concrétiser ses aspirations il fit réaliser entre 1458-1462, un jardin conçu pour la contemplation et selon de vieilles chroniques il l’orna « de pierres de goût étrange » !

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Seigen-in – Porte d’entrée d’un des temples auxiliaires du Ryôanji
Le bâtiment aurait été édifié à la toute fin du XVe siècle

Le temple premier fut incendié pendant la guerre qu’Hosokawa engagea de manière imprudente mais les bâtiments reconstruits par son fils furent de nouveau détruits à la fin du XVIIIe siècle, les constructions actuelles sont donc postérieures à ce nouvel incendie survenu en 1797

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Seigen-in – Une sente dallée avec art conduit au temple niché dans la verdure
L’accès au temple n’est autorisé qu’à certaines périodes

Le Ryôanji, célèbre grâce à son jardin minéral intrigant prospéra ensuite sous la protection du Shôgun Hideyoshi qui vint y admirer en 1558, honneur suprême ! des Shidarezakura, les majestueux cerisiers en pleine floraison

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Chokushi mon – Porte donnant accès au temple principal du Ryôanji réservée exclusivement à l’envoyé du Tennô, l’empereur, ou encore au messager du Shôgun

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Chokushi Mon – Détail de l’imposte ajourée et du pignon du toit incurvé de type Karahafu typiquement japonais

Les temples secondaires du complexe monastique présentent une architecture et des caractères spécifiques au style de construction du bouddhisme Zen

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Au-delà d’une porte imposante, encore un charmant petit temple secondaire
Katô mado, les fenêtres, affectent une forme très sobre

Murs de pisé blanchis à la chaux en contraste avec les bruns des poutres de soutènement, toits de tuiles vernissées, élégants treillis de minces baguettes de bois protégeant le papier Washi masquant les fenêtres

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Même les petites cours devant les appartements des moines se doivent de laisser place à la nature, source de vie

Selon le syncrétisme en vigueur dans les lieux de culte, des Torii du Shinto côtoient les lanternes de pierre habituellement rencontrées dans les complexes de monastères bouddhiques

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Torii laqué de rouge délimitant une aire sacrée

Au mi-temps du chemin, une entrée se signale par un treillage de bambous, une porte ouverte et des dalles de pierre invitent à faire une pause dans un restaurant végétarien

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Yudofuya – Entrée du restaurant végétarien
Le Noren, petit rideau, est déployé : c’est ouvert !

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Shôjin Ryôri – Menu végétarien constitué autour du plat principal de Yudofu, du Tofu servi chaud

La suite de la visite sera bien sûr pour ce fameux jardin de pierre

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Entrée sur le Karesansui, le jardin le plus célèbre du Japon !