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Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – 2017 – Les quilts gallois – II –

Même si je suis restée enchantée par les quilts gallois avec leur grand motif central, j’ai une nette préférence pour ceux constitués de nombreuses pièces disparates qui nous renseignent parfaitement sur une économie domestique pleine de ressources

Central Pinwheel within an Octagon – Flanelle et tissus d’ameublement – Vers 1900
226 x 193 cm

Le quilt « Moulin à vent central » est un assemblage de motifs variés pleins de fantaisie, les couleurs unies mêlées peu conformes à la tradition sont aussi assez intrigantes

Central Pinwheel within an Octagon – Détail

Le quilt au motif plus classique du « Vol d’oies » mélange plusieurs sortes d’étoffes…

Flying Geese – Flanelle, laine fine, coton et satin – Vers 1900
173 x 142 cm

…où des satins brillants contrastent plaisamment avec le mat des flanelles

Flying Geese – Détail

Nombre de quilts comme le « Log Cabin » ont été réalisés avec des tissus d’ameublement

Log Cabin Quilt – Court House Steps – Fait par Miss Lloyd en 1888
Tissus d’ameublement pliés – 193 x 165 cm

La gamme de couleurs mis en œuvre et l’épaisseur semblable des étoffes suggèrent un approvisionnement de matières venant d’un même lieu

Le quilt « éblouissant » est confectionné avec une multitude d’étoffes diverses

Dazzling Patchwork – Cousu entièrement à la main
239 x 208 cm

Des lainages unis et imprimés voisinent avec des morceaux de châles en cachemire, dont cinq motifs découpés ont été appliqués au centre et sur les bords

Dazzling Patchwork – Détail

Une grande variété d’étoffes imprimées noires sur fond rouge se conjuguent aux pois, aux motifs abstrait, aux rayures et aux carreaux

Dazzling Patchwork – Détail

Le quilt est doublé de coton mais ne comporte pas de molleton

Dazzling Patchwork – Détail

Nombre de tissus en lainages composent le quilt « Nœuds papillon »

Varying Bow Ties – Cousu et quilté à la main
221 x 205 cm

Les restes d’un tailleur pour dame et des tissus à carreaux, ces fameux Tartans dont la mode avait été lancée par la reine Victoria

Varying Bow Ties – Détail

Le quilt est matelassé à la main sur un molleton en laine d’agneau

Varying Bow Ties – Détail

Le quilt « Hexagones » enfin est un assemblage de lainages variés issus, probablement, de chutes de couturière

Woollen Hexagons – Lainages – 1877

Les lainages unis se complètent d’écossais et de rayures, les hexagones à carreaux blanc et noir donnent une impression joyeuse de danse !

Woollen Hexagons – Détail

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – 2017 – Welsh Quilts – Les quilts gallois – I –

Des photos ayant été retrouvées dans les tréfonds de mon ordinateur …

Comme mon blog, de toute façon, ne suit pas l’actualité, retour dans le passé ! Avec quelques articles du Salon de 2017 !!!

Les chapeaux des femmes galloises au XIXe siècle où l’art d’adapter les couvre-chef de l’aristocratie !

Grand coup de cœur pour les quilts gallois de la collection de Jen Jones avec ses quilts d’une seule pièce entièrement matelassés de motifs typiques du Nord de l’Angleterre

Navy and Red Flannel Wholecloth – Flanelle
175 x 205 cm

Le quilt « Noeud papillon central » a été découvert dans une écurie, remisé dans un sac plastique comme « un vieux machin qui pèse lourd » -Sic-

Le quilt « au carré central » possède un matelassage élaboré bien que l’épaisseur en laine très épaisse en guise de molleton n’a pas du être aisée à quilter

Geométric Welsh Central Bow Tie Quilt ( (sur le mur)
Bold Squares (sur le lit)
Quilts typiques du pays de Galles avec leur centre constitué de grands morceaux habituellement de flanelle

Plus de précision sur ce sujet que je ne maîtrise que peu, par mon amie Katell : https://quilteuseforever.com/2016/06/06/unforgettable/

Femmes galloises au début du XXe siècle
Les étoffes à pois font bon ménage avec les rayures et les carreaux !

Le quilt « Étoile centrale » a été cousu et quilté par Sara Lewis, une quilteuse professionnelle dont le style d’étoiles reconnaissable, permet de la distinguer des autres quilteuses, presque toujours anonymes, galloises

Central Star Quilt – Fait par Sara Lewis en 1875
Flanelle et lainage – Cousu à la machine, quilté à la main
209 x 184 cm

Le quilt « Étoile centrale avec vol d’oies » a été acheté par Jen Jones à deux vieilles Galloises qui l’utilisaient pour protéger leur matelas de leur sommier !

Central Star with Flying Geese – Flanelle – Vers 1870

Malgré ses 25 années caché sous un lit, il est resté en parfait état !

Central Star with Flying Geese – Détail de l’étoile centrale

Le quilt « Étoile » est aussi de la main de Sara Lewis, Jen Jones l’a acquis auprès des descendants de la célèbre quilteuse

Star quilt – Fait par Sara Lewis vers 1900
Flanelle et lainage – Cousu à la machine, quilté à la main

La combinaison de couleurs violet, bordeaux et vert est très inhabituelle dans les quilts gallois de cette époque

Star quilt – Détail

Le quilt « Carré dans le carré » pourrait être bien antérieur à la seconde moitié du XIXe siècle (d’après la collectionneuse)

La flanelle dont il est constitué, devant et au dos, est tellement usée qu’elle a presque disparue ! Un quilt plus ancien sert de molleton

Double Diamond in a Square Welsh Flannel Patchwork
193 x 191

Le quilt « Petits moulins » reste une exception parmi les quilts gallois en flanelle, car constitué de petits motifs à la place d’un seul grand habituellement

Sa taille le destinait peut-être à un lit d’enfant

Red and Navy Small Pinwheel – Flanelle
Vers 1890

Le quilt réversible, constitué de chutes de flanelle, possède un moulin à vent d’un côté et une grande croix de l’autre

Double-Sided Welsh Patchwork – Chutes de flanelle
224 x 206 cm

Le quilt « Moulin à vent » marie deux étoffes différentes, laine fine et coton ce qui est inhabituel et tout aussi inhabituelle est la combinaison des couleurs

Fine Wool and Cotton Central Pinwheel Patchwork – Laine et coton

Le quilt « Moulin à vent » recycle les chutes d’un châle en cachemire et des lainages teints en rouge Andrinople (ou rouge turc dans les pays anglo-saxons)

Red Pinwheel with Paisley – Vers 1890
208 x 188 cm

La mode des châles en Cachemire ayant passé dans les années 1870, les bons morceaux ont souvent été recyclés dans les quilts

Mild Wales Bow Tie Quilt – Flanelle

Le matelassage du quilt « Nœud papillon » est traditionnellement quilté avec des spirales

Minimal Bow Tie – Flanelle

Le quilt « utilitaire » a été confectionné avec diverses chutes sans désir évident d’obtenir un ouvrage harmonieux, juste un quilt pour tenir chaud

Utilitarian Welsh Strippy

Et pourtant le quilting sur cet ouvrage dit utilitaire est somptueux !

Utilitarian Welsh Strippy – Détail

Les rembourrages de nombreux quilts sont très divers, aussi bien un vieux quilt que des vêtements décousus servent de molleton aux ouvrages surtout utilitaires

Red and Black Strippy Quilt – Flanelle – Vers 1890
208 x 180 cm

Une vieille couverture sert de molleton pour le quilt « à bandes rouge et noir »

Red and Black Strippy Quilt –
Détail du quilting de la bande centrale

Les motifs de matelassage du quilt « à bandes bleu et rouge » sont typiquement gallois

Vibrant Red and Blue Welsh Flannel Strippy – Vers 1870
226 x 211 cm

Des spirales dans les bandes rouges et des motifs « pièces de monnaie » dans les bleues

Vibrant Red and Blue Welsh Flannel Strippy – Détail

En règle générale, le matelassage des quilts gallois ne tient pas compte des coutures du patchwork

Bold Blue and Beige Patchwork – Lainage fin – Vers 1890
216 x 198 cm

Sur le quilt « bleu et beige » au contraire les motifs de quilting sont bien délimités par les bandes cousues

Bold Blue and Beige Patchwork – Détail

Le quilt « rouge » recycle un châle en cachemire datant de 1845 comme panneau central, l’étoffe des bordures a été teinte en rouge Andrinople

Turkey Red with Paisley Shawl Panel

Les motifs de matelassage sont remarquables, croix centrale, spirales, feuilles bien découpées et toiles d’araignée

Turkey Red with Paisley Shawl Panel – Détail

Turkey Red with Paisley Shawl Panel – Détail

Le quilt « Étoile variable » est composé de lainages fins et de tissus de confection, peut-être l’œuvre d’une couturière

Variable Stars – Vers 1900
211 x 195 cm

Variable Stars – Détail

Les légendes illustrant mes photos ont été prises sur les cartels pas toujours complets (taille et matière) inscrits à coté des quilts de l’exposition !

Des quilts gallois de facture plus fantaisiste dans le prochain article

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – Avril 2018 – VIII – Les boutis

L’association « France boutis » exposait de belles pièces anciennes

Les spots de lumière ne permettant pas de bonnes photos, juste quelques détails des boutis exposés

Courtepointe matelassée en soie – Marseille – Milieu du XVIIIe siècle
Détail – De la bourre de soie très légère a été glissée entre le boutis et sa doublure en soie

Sur une courtepointe de mariage nombre de motifs symboliques brodés comme souhaits d’une heureuse vie conjugale !

Courtepointe de mariage – Marseille – Époque Second Empire
Des angelots bien joufflus au centre de l’ouvrage

Travail venant d’un des derniers ateliers de Marseille en cette fin du XIXe siècle

Courtepointe de mariage
Détail – Les initiales des époux sont brodées au centre de l’ouvrage

Des motifs très stylisés, une corbeille et des fleurs imaginaires ornent l’un des ouvrages les plus anciens de la collection

Boutis ou Chauffoir en piqûre de Marseille – Fin du XVIIe siècle

Un seul vêtement ancien dans l’exposition

« Corps souple » du XVIIIe siècle

Dans les années 1930, un couturier parisien a fait un sort à une vanne ancienne !

Un boutis devenu redingote !

En la transformant en un vêtement très chic

Détail

Les boutis de Nakayama Kumiko sont d’une technique irréprochable et d’une beauté renversante !

Kumiko Nakayama-Geraerts – Jeté de lit en piqué

Mme Nakayama s’est faite une spécialité de petits accessoires en boutis tout à fait charmants

Kumiko Nakayama-Geraerts – Précieux bavoirs pour enfants sages

Kumiko Nakayama-Geraerts – Des bourses « à la japonaise »

J’ai retrouvé mes photos du Salon de 2017 que je pensais définitivement perdues

Comme mon blog ne suit pas l’actualité…le prochain article fera un saut dans le passé !

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – Avril 2018 – VII – Les indiennes et les courtepointes piquées

Une belle collection d’indiennes venaient compléter les costumes provençaux

Palempore – Arbre de vie – XVIIIe siècle
Impression à la planche et au calame
Détail

Sur ce Palempore une grue se dresse de chaque côté du tertre formé du motif d’écailles imbriquées d’inspiration chinoise

Palempore – Détail
Remarquable vivacité des couleurs sur une pièce si ancienne !

La courtepointe imprimée à Jouy chez Oberkampf possède un centre dont les motifs d’écailles imbriquées doivent leur inspiration aux dessins d’éventails chinois, l’impression est faite à la planche de bois en garance et indigo

La bordure comporte des feuilles d’ananas et des fleurs polychromes stylisées sur un fond teint au curcuma, le vert est obtenu par ajout de jaune sur le bleu indigo

Courtepointe – Jouy-en-Josas – Fin du XVIIIe siècle
Détail – Motif d’écailles et d’ananas

La courtepointe aux ananas est aussi une toile de Jouy du XVIIIe siècle, les très grands motifs de fleurs polychromes se détachant sur un fond blanc étaient destinés à l’ameublement, les petits imprimés étaient quant à eux, réservés à l’habillement

Courtepointe -Toile de Jouy au ananas – XVIIIe siècle
Détail

La courtepointe aux fleurs exotiques est une indienne imprimée en Alsace sur le modèle des toiles peintes venant des Indes

Courtepointe aux fleurs exotiques – Alsace – Fin du XVIIIe siècle
280 x 240 cm

Les troncs entourés de lierre rappellent les Palempores, les arbres de vie typiquement indiens

Courtepointe aux fleurs exotiques – Détail

Les grandes fleurs polychromes témoignent de l’inspiration des imprimeurs européens pour les fastueux décors des toiles importées de l’Inde

Courtepointe aux fleurs exotiques – Détail

Le centre de la courtepointe de la fin du XVIIIe siècle est imprimé à la réserve de petites fleurs carminées sur un fond bleu indigo

Courtepointe teinte en indigo – Fin du XVIIIe siècle
188 x 170 cm

La bordure en toile de coton tissée très serrée teinte aussi en indigo possède un relief très prononcé obtenu par la technique du piqué-bourré dans des entrelacs complexes et denses

Courtepointe – Détail
La bordure est délimitée par une guirlande de feuilles de laurier

C’est à Rouen, au début du XVIIIe siècle qu’un nouveau procédé de teinture à l’indigo a débuté, avec l’autorisation de teindre « en bleu bon teint » ! remplaçant ainsi le pastel antérieur devenu trop onéreux et plus assez performant

Courtepointe bleu indigo – Rouen – XVIIIe siècle
Teinture à la réserve de grands motifs d’artichauts
Détail

La courtepointe avec bordure est entourée d’une étoffe en chintz qui en a gardé encore l’aspect glacé

Courtepointe avec bordure en chintz – XVIIIe siècle
172 x 185 cm

La bordure plus ancienne que la partie centrale témoigne, au fil des ans, des égards apportés aux textiles antérieurs si coûteux

Courtepointe – Détail de la bordure en chintz

Les deux toiles, probablement d’origine alsacienne, arrivaient en Provence grâce au trafic commercial sur le Rhône et se négociaient au moment de la grande foire de Beaucaire

Courtepointe – Détail de la partie centrale

Sur une courtepointe du XIXe siècle, des motifs de « Boteh » (fleur indienne stylisée) s’inspirant des cachemires indiens sont obtenus par une impression à la réserve sur un fond rouge garancé

Courtepointe d’époque Charles X
Détail des petites fleurs polychromes sur fond rouge garance

La courtepointe des « oiseaux au nid » est imprimée à la réserve sur un fond rouge de garance

Courtepointe – XIXe siècle
170 x 188 cm

Une végétation luxuriante mais imaginaire s’inspire des décors des toiles des Indes

Courtepointe – Détail des « oiseaux au nid »

Les teintures naturelles sont encore présentes sur la courtepointe où de grandes fleurs teintes à la garance se trouvent entremêlées de rubans indigo sur un fond picoté

Courtepointe aux rubans – XIXe siècle
Détail

La courtepointe aux oiseaux de paradis s’ébattant au milieu de rameaux fleuris aux riches couleurs prouve, sous le Second Empire, la persistance du goût pour l’exotisme

Courtepointe aux oiseaux de paradis – Fin du XIXe siècle
Détail

Une courtepointe aux fleurs exotiques manifeste toujours à la fin du XIXe siècle le goût déjà ancien, pour les décors des indiennes

Les fleurs polychromes et le fond bleu intense sont dus aux teintures chimiques

Courtepointe bleue – Fin du XIXe siècle
Détail

Le dernier article sera consacré aux boutis

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – Avril 2018 – VI – Les indiennes dans les costumes provençaux

L’association « Trésors, patrimoine et étoffes à Marseille » ayant pour but l’étude et la valorisation de costumes anciens, exposa dans le thème du Salon « On dirait de Sud » des tenues complètes féminines dans lesquelles les Indiennes provençales étaient mises à l’honneur

Une élégante au XVIIIe siècle en caraco et jupe piquée – Vers 1780

La jupe de l’élégante aux motifs floraux entrelacés est inspirée par une indienne, le casaquin est en soie et la coiffe dite « la coquette » en mousseline brodée des Indes s’orne d’une dentelle de Valencienne

La basque du casaquin est appelée « pet-en-l’air »
En Provençal elle était nommée « caracaca « ou « cacaraca » par analogie à la crête et au cri du coq

La jupe piquée de la bastidane est une indienne dite « Petit jardinier buisson à fleurs », la coiffe de mousseline est dite « battant l’œil »

Une bastidane au XVIIIe siècle en casaquin et jupe piquée en indiennes

Le casaquin est aussi une indienne imitant les soieries turques

Mouchoir de cou dit en « Jamdani » et le casaquin au motif de fleurs des Indes

La jeune femme de l’époque Empire est vêtue d’une robe en indienne à fond jaune avec un mouchoir de cou en gaze brodée au point de Beauvais

La jeune femme Empire en robe d’indienne – Vers 1815

Le fond de la coiffe en lin fin s’agrémente d’un volant de mousseline bordé d’une dentelle au fuseau

L’étole en crêpe jaune à motifs de fleurs s’orne de franges en soie

La jupe piquée de la bouquetière est une indienne à fond jaune dont les motifs polychromes en imitation des tissages moghols sont dits « bâtons rompus », son caraco est aussi une indienne à dessins de chevrons ainsi que celle qui, imprimée à la planche, orne son mouchoir de cou

La bouquetière en caraco, jupe et petite cape en indiennes – Vers 1825

Le tablier est une indienne marron tandis que la petite cape dite « de visite » est également une indienne dite « ramoneur » du répertoire d’Oberkampf imprimée à Jouy, aux fleurs multicolores sur un fond indigo

La coiffe est un béguin au fond en fine toile de lin ornée d’un volant en gaze festonné

La jupe piquée et le caraco de la poissonnière sont des indiennes dites « ramoneur » ou « bonnes herbes », le mouchoir de cou à carreaux violets fut imprimé à Rouen tandis que le tablier de travail en cotonnine (chaîne de coton, trame de lin) recycle une voile de bateau

Poissonnière de l’époque Louis-Philippe en caraco et jupe piquée en indienne – Vers 1830

De petites fleurs à dominante rouge sur fond indigo parsèment la jupe piquée en indienne de la marchande d’oranges, tandis que le caraco en indienne imprimée de branches de corail dite « bâtons rompus » s’impose par d’imposantes manches gigot taillées dans le biais

La marchande d’oranges en jupe piquée, caraco et mouchoir de cou en indiennes – Vers 1835

Un mouchoir de cou en indienne imprimé à la planche s’ornemente de fleurs des Indes polychromes sur fond indigo, la coiffe dite « à la frégate » est en organdi et dentelle de Valencienne

Le mouchoir de cou en indienne imprimée à la planche se rehausse de « boteh » (fleur indienne stylisée) dans les écoinçons

La jupe de deuil en indienne à fond beige parsemée de fleurs de lys noires d’une jeune femme royaliste s’accompagne d’un tablier en étamine noire ornée de boteh brochés et d’un caraco en indienne imprimée au rouleau de cuivre de fins vermicules imitant la mousse et les lichens

Jeune femme royaliste légitimiste en jupe piquée de deuil (après la mort de Charles X) – Vers 1836

Le mouchoir de cou en coton blanc imprimé à la planche comporte une frise noire de petites fleurs et la coiffe de deuil au ruban de soie noire est en mousseline des Indes brodée au point de Beauvais

Le corset sous le caraco en coutil de coton écru se révèle être un tissage domestique du XVIIIe siècle

La robe de l’artisane en indienne émaillée de petits bouquets de roses et de myosotis sur fond manganèse cache la jupe de dessous en indienne sur fond blanc au semis de roses et de boteh

Une artisane en robe piquée dite « d’artisane » en indienne – Vers 1850

Le mouchoir de cou imprimé à la planche de motifs floraux roses et rouges s’accompagne d’une coiffe à deux longs pans de dentelles de Valencienne et de Malines

Le châle en étamine de laine sur fond blanc possède des motifs de fleurs rouges carminés

Des courtepointes piquées des XVIIIe et XIXe siècles s’afficheront dans le prochain article

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – Avril 2018 – V – Mes quilts « coup de cœur »

Les quilts de Pamela Goecke-Dinndorf doivent beaucoup aux tissus de Kaffe Fasset !

Ambiance un rien pesante de la « maison » de Pamela Goecke-Dinndorf

Les couleurs vibrantes et acidulées transforment les modèles classiques du patchwork en œuvres renversantes !

Pamela Goecke-Dinndorf – Cherry Bomb
122 x 170 cm

Pamela Goecke-Dinndorf – Cherry Bomb
Détail

Pamela Goecke-Dinndorf s’est spécialisée dans les ouvrages confectionnés presque exclusivement de tissus à rayures

Pamela Goecke-Dinndorf -Vertigo

Les ouvrages sont cousus et quiltés à grands points à la machine, laissant simplement les formes nous raconter une histoire en couleur

Pamela Goecke-Dinndorf

Pour le quilt « African Santus » l’inspiration africaine est manifeste !

J’y vois les étoffes des pagnes tissées sur des métiers artisanaux de petite largeur donnant des bandes étroites, qui une fois cousues entre elles fournissent une grande pièce de tissu

Pamela Goecke-Dinndorf – African Santus
117 x 151 cm

Une vision hypnotique pour un jeu de cubes rayés !

Pamela Goecke-Dinndorf – Tumbling Dice
110 x 140 cm

Un grand quilt jeté sur un fauteuil à la manière d’un plaid donne l’impression d’un recyclage de vieilles chemises masculines…

Pamela Goecke-Dinndorf

…où des éclats de jaune vif viennent rompre le prosaïsme des textiles familiers

Pamela Goecke-Dinndorf

Les quilts de Mieke Duyck restent dans une veine traditionnelle mais le quilting à la machine généreusement présent « cartonne » les ouvrages et ne les laisse pas respirer

Mieke Duyck – Mini Six Pointed Stars
60 x 63 cm

Les miniatures restent toutefois assez charmantes

Mieke Duyck – La forêt de Fontainebleau
72 x 73 cm

Heureusement une certaine fantaisie prend quelquefois le dessus !

Pour un modèle devenu un incontournable parmi les quilteuses actuelles !

Mieke Duyck – Scrappy Coins
144 x 144 cm

De tous les quilts convenus de Betsy Chutchian, je n’ai retenu que celui, assez séduisant, aux teintes de l’automne

Betsy Chutchian – Shades of Autumn
136 x 170 cm

J’ai été fascinée par les premiers quilts publiés de Willyne Hammerstein …surtout par les gammes de tissus mises en œuvre d’une opulente diversité

Willyne Hammerstein – Liberty a Secret Song for Woman
Détail- 122 x 154 cm

Le quilt « Liberty a Secret Song for Woman » (titre à la Marilyn !) exploite dans toutes les combinaisons possibles un superbe tissu de Liberty of London, ce qui m’a évidemment enchantée !

Willyne Hammerstein – Liberty a Secret Song for Woman
Détail

Son travail reste toujours époustouflant …Variations sur de mêmes compositions…Et toujours un choix spectaculaires de tissus

Tissus japonais contemporains…

Willyne Hammerstein – Be Calm and Count up to a Ten
Détail – 127 x 132 cm

ou somptuosités hollandaises

Willyne Hammerstein – Touch me Sweetly
Détail – 138 x 176 cm

Nul doute que ses modèles bénéficieront encore de l’engouement pour la reproduction de nombre de quilteuses !

Willyne Hammerstein- Intermezzo
Détail – 150 x 180 cm

La collection de quilts anciens de Mary et Jo Koval reste de Salon en Salon toujours aussi prestigieuse

Collection de Mary et Jo Koval – Antiques quilts américains

Des quilts aux motifs très simples se voyaient rehaussés par un quilting floral magnifique

Nine Patch Checkerboard – Pennsylvanie – Vers 1920
218 x 218 cm – Collection de Mary et Jo Koval

Cette année étaient exposés de grands quilts bleu et blanc…

En contemplant ces ouvrages bicolores, il m’est venue l’envie extrême d’en réaliser un moi-même !

Ocean Wawes Quilt – Pennsylvanie – Vers 1840
193 x 244 cm – Collection de Mary et Jo Koval

Les articles suivants clôtureront la visite du Salon en partant en Provence

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – Avril 2018 – IV – Une rue du vieil Edo de Yoshida Sachiko

Mme Yoshida qui avait eu l’occasion de voir une broderie ancienne décrivant les rues de Paris a décidé de s’en inspirer pour restituer un quartier ancien d’Edo (Tôkyô)

Yoshida Sachiko – Nihon Bashi nigiwai – Animation à Nihon Bashi

Yoshida Sachiko est au Japon un « professeur » de patchwork renommé et a travaillé en compagnie de ses nombreuses élèves sur ce projet ambitieux

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi

Au musée d’art oriental de Berlin, elle a découvert un Emaki (peinture sur feuilles réunies en rouleau) représentant des scènes familières situées dans un quartier de la capitale du Japon en 1805

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi
Le magasin de gauche vend du Miso (pâte de haricot)

Cette peinture anonyme de 12,30 mètres de long décrit l’activité commerçante de Nihon Bashi, l’artère la plus importante d’Edo à cette époque (ici : 10 minutes de vidéo)

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi

Nihon Bashi (le pont du Japon) était un très célèbre pont, donnant son nom à un quartier, il fut le point de départ et d’arrivée de toutes les routes sillonnant le pays

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi
Le magasin de droite vend des livres

Les scènes pittoresques décrivant des chalands musardant entre les nombreuses boutiques de la peinture se révèlent amusantes et riches d’enseignement sur les habitudes des citadins d’une grande ville au début du XIXe siècle

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi
Le nom des magasins s’inscrivent sur les Noren (rideau de porte)

S’il est possible d’après des documents anciens, de reconnaître des boutiques ayant existé, l’imagination du peintre a surtout privilégié une atmosphère familière au détriment de l’authenticité

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi

Mme Yoshida, pour gagner en vérité s’est rendue avec ses élèves dans la ville de Kawagoe, à une heure environ de Tôkyô, afin de s’inspirer de vieux bâtiments conservés ou reconstruits de l’époque Edo

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi
Balade des citadins

Les quarante charmantes petites boutiques en tissus de Mme Yoshida forment une frise de seize mètres de long, c’est un nouveau Nihon Bashi de fantaisie revu au XXIe siècle !

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi
Komusô – Les moines mendiants, la tête sous un panier, jouant du Shakuhachi !

Sur la peinture ancienne, des badauds et des serviteurs, des marchands et des acheteuses, des porte-faix et des chaises-à-porteurs animent la rue commerçante

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi
Marchands et porte-faix

Toutes ces scènes ont été restituées de façon drôlatique en appliqués enrichis de broderies …

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi

…utilisant les motifs de toutes sortes d’étoffes anciennes dont les soies de kimono de manière judicieuse !

Yoshida Sachiko – Animation à Nihon Bashi

Les quilts  » coups de cœur » seront l’objet du prochain article

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – Avril 2018 – III – Les quilts en soie de Yoshida Sachiko

Autre conception de l’activité patchwork, pour Yoshida Sachiko les quilts ne se conçoivent qu’en couleurs et qu’en multiples pièces de soie provenant d’anciens kimonos

Yoshida Sachiko – Petite galerie de nouveaux projets

La famille de Mme Yoshida possédait une filature de fils de soie qui périclita à l’époque où les matières synthétiques remplacèrent les tissus soyeux

Yoshida Sachiko avec qui nous avons longuement conversé sur notre amour commun des tissus anciens japonais !

Elle garde comme souvenirs les ballots de cocons de vers à soie dans la maison et les kimonos en Chirimen (crêpe de soie) que sa mère et toutes les femmes de sa famille revêtaient alors

Ces kimonos ne se trouvent plus qu’en brocante actuellement et Mme Yoshida les collectionne avec passion

Yoshida Sachiko – Mugen (Rêve lointain) – 1988
204 x 204 cm

Mme Yoshida commença à travailler avec des soies de kimonos anciens à la fin des années 1980, à une époque où ce genre d’étoffes servait surtout pour confectionner sacs, pochettes et autres petits objets pratiques

Yoshida Sachiko – Mugen
Détail

Les morceaux encore en bon état de kimonos usagés étaient ordinairement recyclés pour confectionner des Juban, les kimonos de dessous

Quelques exemples dans cet article : http://chambredescouleurs.france-i.com/21392

Yoshida Sachiko – Mugen

Mme Yoshida fut donc une pionnière au Japon pour confectionner des quilts avec ces textiles par essence très fluides ne se prêtant que difficilement à ce genre de grands ouvrages

Son premier grand quilt « Mémoire lointaine » recomposé à la manière d’un Crazy Quilt, recycle les bons morceaux des kimonos des femmes de sa famille

Yoshida Sachiko – Mugen
Détail

Tous les quilts de Yoshida Sachiko sont extrêmement personnels, reflétant ses états d’âme, ses souvenirs, ses impressions… les moments de sa vie

Yoshida Sachiko – Valse – Enbu kyoku – 1993
210 x 180 cm

Le quilt « Valse » transcrit les airs de musique joués au piano par sa fille, les petits triangles transversaux évoquent les pas de danse effleurant le sol

Yoshida Sachiko – Valse
Détail

Le quilt « Matsuri” est une évocation des fêtes pendant les nuits d’été quand Mme Yoshida emmenait ses enfants contempler les spectacles pyrotechniques

Yoshida Sachiko – Matsuri (La fête d’été) – 1996
200 x 200 cm

Les cercles entrelacés suggèrent le bouquet final du feu d’artifice

Yoshida Sachiko – Matsuri
Détail

Le quilt « Composition de cercles et d’arcs de cercles » est une variation sur cette forme ronde

Yoshida Sachiko – Composition de cercles et d’arcs  de cercles – 2003
204 x 204 cm

Les grands cercles enserrant de plus petits se trouvent par endroit sectionnés en arcs, apportant une certaine fantaisie rompant la monotonie de motifs trop semblables

Yoshida Sachiko – Composition de cercles et d’arcs de cercles
Détail

« Temari » les balles confectionnées et décorées d’un entrelacement de fils de soie avec lesquelles jouaient les petite filles d’autrefois ont toujours fasciné l’artiste

Yoshida Sachiko – Miserarete (Fascination) – Temari (balles décorées) – 2007
200 x 200 cm

Mme Yoshida a tenté de rendre leurs motifs spécifiquement japonais en combinant les tissus de soie tels les dessins complexes réalisés sur ces balles

Yoshida Sachiko – Temari 
Détail

Les blocs cousus à plat donnent pourtant l’illusion de rendre la vision en 3D des petits ballons ronds

Yoshida Sachiko – Temari 
Détail

C’est au cours de la réalisation du quilt « Temari » que Mme Yoshida a conçu « L’Univers » son nouvel ouvrage

Yoshida Sachiko – Shinra Banshiu (L’Univers) – 2008
200 x 200 cm

Quelques motifs décorant des balles sphériques lui ont laissé entrevoir symboliquement une image de l’Univers

Yoshida Sachiko – L’Univers
Détail

Les dessins du quilt « Porté par le vent » ont pris modèle d’un décor de col de kimono

Yoshida Sachiko – Kaze ni Fukarete (Porté par le vent) – 2010
196 x 196 cm

Les lignes ondulantes suggèrent un doux souffle de brise…

Yoshida Sachiko – Porté par le vent
Détail

…ou l’écoute du léger murmure de la pluie avec ses gouttes d’eau figurées par les petits cercles

Yoshida Sachiko – Porté par le vent
Détail

Le dessin « Seigaiha » est un leitmotiv inégalé de la grammaire stylistique du Japon

Yoshida Sachiko – Seigaiha (Vagues) – 2010
195 x 182 cm

Motif venant d’un vieux fond ornemental de Mongolie mais retravaillé par le génie décoratif des Japonais !

Yoshida Sachiko – Seigaiha
Détail

Ce modèle est maintes fois copié en patchwork mais n’est jamais égalé !

Yoshida Sachiko – Seigaiha
Détail

Le quilt « Viens printemps ! » a été imaginé afin de contrer les pensées négatives survenues après le tsunami de 2011 et la catastrophe nucléaire de Fukushima

Yoshida Sachiko – Haru yo koi ! (Viens printemps !) – 2012
197 x 208 cm

La nature fut en partie anéantie mais la végétation polluée à ce moment finalement renaquit et les cerisiers finirent par refleurir

Yoshida Sachiko – Haru yo koi !
Détail

Ils personnifient le printemps attendu par tous avec tellement d’impatience

Yoshida Sachiko – Haru yo koi !
Détail

Leur venue matérialise aussi la fin des examens dans la vie estudiantine

Yoshida Sachiko – Attente du printemps – 2013
200 x 200 cm – Détail

Mme Yoshida se souvient qu’autrefois, lors de la réussite aux examens, les étudiants envoyaient des télégrammes avec seulement les mots « Sakura, sakura  » (cerisiers) pour annoncer leur succès !

Yoshida Sachiko – Attente du printemps
Détail

Yoshida Sachiko – Attente du printemps
Détail

Les fleurs de cerisiers et les chrysanthèmes sont les fleurs emblématiques du Japon

Yoshida Sachiko – Hana zakari (pleine floraison) – 2013
200 x 200 cm

Les cerisiers surtout sont très chers au cœur des Japonais car leur floraison incarne le renouveau

Yoshida Sachiko – Hana zakari
Détail

Au Japon, c’est à la saison des Sakura que se situent aussi la reprise d’une nouvelle année scolaire ou d’un nouveau départ professionnel, la floraison des cerisiers symbolisent une nouvelle vie

Yoshida Sachiko – Hana zakari
Détail

Mme Yoshida aspire à mettre en valeur dans ses quilts les motifs et les couleurs des soies et manifestant un grand respect pour ces étoffes anciennes si fragiles, elle les confectionne uniquement à la main

Yoshida Sachiko – Hana zakari
Détail

Une rue du vieil Edo recréé par Yoshida Sachiko dans le prochain article !

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – Avril 2018 – II– Les quilts en tissus anciens Indigo

Au Japon, les quilteuses élaborent le plus souvent leur travail de patchwork à la façon spécifique des artisans, en suivant un maître plus ou moins renommé

Kuroha Shizuko – La mer paisible
160 x 195

En l’absence de « professeur » près de chez elles, nombre de quilteuses prennent même des cours de patchwork par correspondance, méthode qui a fait ses preuves depuis de longues années !

Kuroha Shizuko – La mer paisible
Détail

Les quilteuses reconnues qui exposent leurs œuvres en Occident drainent derrière elles des centaines d’élèves !

Matsuoka Kazumi – Sounds of the Sea
235 x 192 cm

Ces « professeurs » n’hésitent d’ailleurs pas à aller porter leurs précieux conseils dans toutes les villes accueillantes du Nord au Sud dans tout le Japon

Matsuoka Kazumi – Sounds of the Sea
Détail

Sans vraiment s’adonner à la copie, passe-temps ludique des Françaises ! les quilteuses japonaises travaillent sans état d’âme, à la manière et dans le sillage de leur cher « professeur »

Matsuoka Kazumi – Sounds of the Sea
Détail

Kuroha Shizuko fut une des premières à créer de grands quilts à partir d’anciens textiles teints en indigo, même si ces tissus étaient souvent recyclés dans nombre de petits ouvrages pratiques depuis fort longtemps

Yoshida Kyoko – Star NIght
200 x 203 cm

Il est souvent difficile de reconnaître la « patte » des quilteuses qui travaillent dans sa mouvance, leurs œuvres recélant tant de points communs avec celles de leur mentor

Yoshida Kyoko – Star NIght
Détail

Kuroha Shizuko découpe en très petits morceaux de précieux tissus anciens en recomposant une trame textile selon son inspiration chargée d’exprimer des sentiments, des émotions ou des sensations

Ito Kazuko – Long Long Time Ago
240 x 203 cm

Tandis que certaines de ses élèves manifestent plutôt un goût pour le décoratif …

Ito Kazuko – Long Long Time Ago
Détail

…en alignant assez sagement, à la manière d’un sampler, les motifs figuratifs des Katazome, les textiles teints au pochoir

Ito Kazuko – Long Long Time Ago
Détail

Le goût d’autres quilteuses japonaises pour le spectaculaire, leur suggère d’accumuler toutes les difficultés possibles !

Mawatari Tamiko – Diamond Dust
220 x 170 cm

Ce genre de quilt un tantinet « coulisse de l’exploit » attirant des « Oh ! et des Ah ! »  ouvrage sur lequel il est aisé de s’extasier dans les expositions, doit tout au savants calculs de logiciels adéquats

Mawatari Tamiko – Diamond Dust
Détail

Devant ce genre de quilt, même si j’admire la technique d’assemblage sans faille, il me manque cette part de rêve que peut procurer un ouvrage où la géométrie arrive à traduire des émotions

Mawatari Tamiko – Diamond Dust
Détail

Kuroha Shizuko s’adonne aussi à la confection d’accessoires très raffinés, ses modèles de sacs ou autres pochettes témoignent d’un goût spécifiquement japonais où la sobriété se conjugue à l’élégance

Kuroha Shizuko – Sacs « Mur de briques » et « Tournesols »

Des quilts en soies de kimono … Article à venir

 

Nantes – Salon « Pour l’amour du fil » – Avril 2018 – I – Les quilts de Kuroha Shizuko

Par une fin d’avril enfin printanière, nouvelle rencontre à Nantes à l’occasion du Salon « Pour l’amour du fil » organisé par la revue Quiltmania, avec la quilteuse Kuroha Shizuko

Mme Kuroha Shizuko

J’attendais avec impatience la venue à Nantes de cette artiste exceptionnelle et je n’ai pas été déçue !

Dédicace de Mme Kuroha sur le livre que lui a consacré Quiltmania

Bien sûr je connaissais déjà les quilts anciens déjà exposés A Nantes en 2009 et toujours à Nantes en 2011

Le grand plaisir de cette année était de contempler enfin les quilts plus récents, notamment ceux réalisés pour le Great Quilt Festival de Tôkyô et vus seulement sur les catalogues japonais d’exposition

Kuroha Shizuko – Le cœur bondissant – 2017
240 x 240 cm

Ce très grand quilt « Le cœur bondissant »exposé en janvier 2018 est une variation sur le Log Cabin, thème maintes fois exploré par l’artiste au cours de ses quarante ans de pratique du patchwork

Kuroha Shizuko – Le cœur bondissant
Détail

C’est le second quilt dans lequel Kuroha Shizuko introduit la couleur rouge avec des textiles anciens teints au carthame et à la garance, plusieurs tissus indigo sur lesquels du jaune a été appliqué ont viré dans des nuances vertes

Kuroha Shizuko – Le cœur bondissant
Détail

Le quilt « Danse avec les fleurs » fut exposé en respectant le thème « Fleurs » du festival de Tôkyô en 2017

Kuroha Shizuko – Danse avec les fleurs – 2016
160 x 160 cm

Les pétales et sépales de la fleur se partagent entre les tissus anciens Katazome (impression au pochoir) dans diverses nuances d’indigo du clair au foncé

Kuroha Shizuko – Danse avec les fleurs
Détail

A cause des spots de lumière jaune, il est hélas très difficile de rendre en photos ces quilts aux nuances de bleu intense, d’où les variations de teintes sur mes clichés

Kuroha Shizuko – Danse avec les fleurs
Détail

C’est pour ce grand Log Cabin « La vie » que l’artiste a introduit pour la première fois la couleur rouge au centre de son quilt

Kuroha Shizuko – La vie – 2015
240 x 240 cm

Inspiration des Log Cabin de l’Amérique des pionniers où le cœur rouge du centre symbolisait le foyer ardemment désiré

Kuroha Shizuko – La vie
Détail

Les bordures successives incluent des petits blocs de Log Cabin et des cubes pour lesquels l’indigo de toutes nuances est savamment dosé

Kuroha Shizuko – La vie
Détail

Kuroha Shizuko a créé auparavant plusieurs variations sur le thème du vent, ce quilt « La maison du vent » est inspiré par un article d’une revue sur la rencontre des vents en Patagonie

Kuroha Shizuko – La maison du vent – 2012
150 x 192 cm

Les rectangles et les demi losanges du bas sont coupés dans des Kasuri (tissage Ikat) avec de nombreuses teintes claires, le haut de l’ouvrage est en Aizome (teinture en bleu indigo) unis

Kuroha Shizuko – La maison du vent
Détail

Ce quilt « Le soleil brille ardemment » fut réalisé après la catastrophe de 2011, l’artiste, après avoir vécu une telle tragédie, voulait témoigner de la continuité de la vie

Kuroha Shizuko – Le soleil brille ardemment – 2011
176 x 208 cm

Les petits triangles équilatéraux clairs symbolisent la lumière qui peut surgir au-delà de l’obscurité

Kuroha Shizuko – Le soleil brille ardemment
Détail

Kuroha Shizuko affectionne particulièrement la forme des triangles équilatéraux qu’elle enchaîne de façon systématique sur beaucoup d’autres ouvrages également

Kuroha Shizuko – Le soleil brille ardemment
Détail

Ce quilt « Le vent et les arbres » déjà vu à Nantes en 2011 est l’un de mes préférés !

Kuroha Shizuko – Le vent et les arbres – 2010
183 x 220 cm

Mme Kuroha a voulu représenter le vent qui souffle dans les arbres, mais j’y vois, moi, plutôt une pluie battante !

Kuroha Shizuko – Le vent et les arbres
Détail

Le monde des quilts reste fascinant tant qu’il est possible de projeter sur chaque ouvrage son propre ressenti  !

Kuroha Shizuko – Le vent et les arbres
Détail

Les quilts sobres de Kuroha Shizuko ont ma préférence, les ouvrages plus récents, foisonnants, aux multiples petites pièces en chaîne continue, y perdent cette harmonie qui m’émouvait tant auparavant

Kuroha Shizuko – Mer paisible – 2010
160 x 195 cm

Bien sûr, je reste fascinée par l’abondance de textiles différents mis en œuvre mais il me manque la respiration, cette qualité qui fait un ouvrage tellement différent des autres

Kuroha Shizuko – Mer paisible
Détail

Beaucoup de teintes claires pour ce quilt « Échos de lumière » provenant d’étoffes pour Yukata (kimono léger en coton)

Kuroha Shizuko – Échos de lumière – 2008
170 x 204 cm

Les tissus de Yukata en Katazome (teints au pochoir) présente des motifs bleu indigo sur un fond blanc, ce genre de kimono se portant seulement en été est donc souvent de couleur claire

Kuroha Shizuko – Échos de lumière
Détail

Les textiles sont tous anciens, les nuances différentes de couleur très fréquentes varient selon l’usure du tissu

Kuroha Shizuko – Échos de lumière
Détail

L’apparence et le mouvement du grand quilt « Clin d’œil » est accentuée par le quilting en diagonale

Kuroha Shizuko – Clin d’œil – 2007
168 x 210 cm

L’artiste a voulu exprimer sa vision d’un ciel infini rempli d’étoiles scintillantes

Kuroha Shizuko – Clin d’œil
Détail

Le Noren est un rideau qui masque l’entrée d’un commerce ou d’un restaurant

Il est généralement composé de deux ou trois lés réunis dans le haut, et porte inscrit le nom de l’établissement, Kuroha Shizuko a cousu entre eux des rectangles de tissus anciens, exemples des étoffes qu’elle utilise presque exclusivement

Kuroha Shizuko – Noren
Détail

Deux Log Cabin miniatures aux couleurs pastel rappelaient que la succession des saisons reste toujours une grande source d’inspiration pour les artistes japonais

Kuroha Shizuko – Furusato wa ima Haru – Pays natal au printemps
31 x 31 cm

Kuroha Shizuko – Automn in my Hometown
42,5 x 43 cm

Les libellules rouges sont particulièrement abondantes dans la campagne japonaises à la fin de l’été près des rizières

Kuroha Shizuko – Les libellules rouges – 2016
11 x 11 cm

Selon le poète Ishibashi Eien « les libellules sont les fleurs de l’automne », Aka Tombo (les libellules rouges) font l’objet d’une chanson fort célèbre et de multiples représentations romantiques

La vision du mur avec ses petits tableaux alignés était vraiment charmante !

Kuroha Shizuko – Une libellule

Le fond des tableautins a été teint en rouge à la garance, du Chirimen (crêpe de soie) forme la tête des insectes, de la soie le corps et de la gaze très fine figure les ailes

Kuroha Shizuko – Trousses avec le motif de libellule
11 x 13 cm

Quelques ouvrages des élèves de Kuroha Shizuko …

Mme Kuroha Shizuko à Nantes en 2018

…seront l’objet de l’article suivant