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Paris – Exposition « A l’aube du japonisme » – Maison de la culture du Japon – V –

Dans la première moitié du XIXe siècle, la seule porte d’entrée au Japon était le Comptoir de la VOC, la Compagnie des Indes orientales, installé dans l’îlot artificiel de Dejima en face du port de Nagasaki

Vue du Comptoir hollandais à Dejima vers 1800
Bois laqué et nacre polychrome

Sur cet îlot, si les échanges commerciaux y furent actifs, c’est surtout avec l’importation de livres et d’instruments scientifiques depuis la Hollande que les Japonais prirent connaissance dès le XVIIIe siècle des avancées technologiques de l’Europe

Détail – L’entrée du Comptoir au bout d’une chaussée le reliant à Nagasaki

Les sciences occidentales, savoirs sévèrement contrôlés par le pouvoir en place, furent à la base des Rangaku « les études hollandaises » qui permirent aux Japonais de connaître l’état du monde bien avant l’ouverture forcée du pays

Vue du Comptoir hollandais à Dejima
Gouache et aquarelle attribuée à Kawahara Keiga – Vers 1830
Le site, avec les maisons et les entrepôts des négociants hollandais de Dejima, maintenant restauré est devenu un musée mais se trouve totalement inclus dans la ville moderne de Nagasaki

En 1826, J-W de Sturler, le responsable de la factorerie de Dejima, lors de sa visite protocolaire  au Shogun à Edo, commanda à un atelier de peintres une série d’œuvres qui ensuite furent offertes à la Bibliothèque nationale de France en 1855

Peinture d’une lanterne à Kayabachô, un quartier d’Edo – Attribué à Hokusai
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Ces peintures non signées, entrées dans les archives de la BNF comme chinoises ! furent attribuées tardivement, en 1986, à Hokusai et à ses élèves

Cavaliers au galop – Attribué à Hokusai
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Ces peintures de qualité inégale et de styles différents prennent évidemment une toute autre valeur si le nom prestigieux d’Hokusai y reste attaché !

Le bac sous la neige – Attribué à Katsushika Taito II
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Ces peintures au caractère documentaire évoquent les lieux célèbres d’Edo, les travaux des artisans dans les quartiers animés ou proches de la rivière Sumida ou encore la vie quotidienne dans la capitale

Scène de rue à Nihonbashi, quartier central d’Edo – Attribué à Hokusai
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Détail – Porte-faix, serviteur et moine mendiant

Certaines scènes sont reprises, copiées ou recomposées d’après des œuvres antérieures de Hokusai, en s’inspirant nettement du « Hokusai Manga » célèbre recueil de croquis de l’artiste sur des sujets très variés, destinés en premier à ses élèves, et qui connut au moment de sa publication un succès immédiat

Déchargement des pastèques – Attribué à Katsushika Taito II
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Détail des petits observateurs d’une scène pleine de vivacité !

Pour satisfaire cette demande étrangère spécifique, les élèves de l’atelier d’Hokusai exécutèrent les scènes de vie japonaise du temps avec les procédés propres à la peinture occidentale

Lavage et étendage de tissus teints – Attribué à Katsushika Taito II
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Détail de l’impression sur l’étoffe destiné à un kimono

Hokusai, pendant un séjour à Nagasaki, apprit en effet, la composition et la manière de peindre à l’occidentale à travers l’art de Shiba Kôkan, le premier artiste japonais à réaliser des œuvres suivant les styles en vigueur en Europe

Atelier et boutique de laques – Détail – Attribué à Hokusai
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Sur ces peintures, les points de fuite, les nombreuses figures des avant-plans, le traitement détaillé des textures et surtout le modelé des figures témoignent de l’emploi récurrent de procédés picturaux occidentaux

Fours de la tuilerie à Imado – Détail – Attribué à Hokusai
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Les couleurs employées sont intenses et le rendu atmosphérique, propre à la peinture hollandaise de paysage connue à cette époque au Japon, est particulièrement bien exprimé

Pèlerins en route vers le sanctuaire d’Ôyama – Attribué à Hokusai
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Ces peintures seront les premiers contacts, avant l’importation massive d’estampes, avec l’art de l’ukiyo-e pour lequel les Occidentaux manifesteront un enthousiasme qui dure toujours !

Pêcheuses d’abalones – Attribué à Hokusai
Lavis de couleur et encre sur papier japonais

Détail des plongeuses en apnée !

Une maquette de maison traditionnelle en bois exposée pendant l’Exposition Universelle de 1867 à Paris, contrastait par sa simplicité avec le kiosque japonais à l’architecture de fantaisie qui y fut édifié

Maquette d’une maison d’habitation de la bourgeoisie d’Edo
Bois et terre cuite – 64 x 136 x 93cm

Cette maison réalisée par un artisan d’Edo, spécialisé dans la fabrication de jouets, fut offerte par le secrétaire de l’ambassade japonaise au musée d’ethnographie situé à l’époque au Louvre, elle est maintenant non visible au musée du Quai Branly !

La maison, se compose de 2 étages et d’un escalier de bois menant à l’étage supérieur de résidence
A côté de l’entrée, une véranda pourtourne la maison, les tuiles et décorations du toit sont en terre cuite vernissée

Cette série d’articles sur une exposition passionnante est close mais encore un peu de japonisme à venir… C’est ma marotte actuelle !

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