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Nouvelle année 2016

A toutes les personnes qui lisent ce blog fidèlement et qui y trouve de l’intérêt, du dépaysement et quelques réflexions de bon sens, je souhaite une

BONNE ET HEUREUSE NOUVELLE ANNÉE  2016 !

 AKEMASHITE OMEDETO GOZAIMASU

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Bijinga, peinture traditionnelle de jolies femmes
Kakemono datant des ères Meiji ou Taishô – Vers 1910-1920
Peinture sur soie trouvée sur une brocante à l’automne 2015

 Pour moi, 2016 sera l’année d’un grand changement

Je quitterai Paris avec des regrets certains mais je m’échapperai de sa banlieue avec grand soulagement !

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Hic et nunc … Magno cum gaudio
A St Herbot (près de Huelgoat) on semble me souhaiter la bienvenue !

Nous nous installerons en centre Bretagne afin d’y trouver la sérénité qui nous fait tant défaut maintenant en région parisienne

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Maison ancienne dite « du Sénéchal » dans le centre-ville de Carhaix

Notre point de chute est fixé près de Carhaix, une étape provisoire qui nous permettra de sillonner la région entre les Montagnes Noires et les monts d’Arrée afin d’y trouver le logis idéal

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Pendant les aller-retour en Bretagne, les 3 heures 30 de trajet en TGV sont bien employées !

En espérant que l’année 2016 soit favorable…

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Chutes d’indigo… toujours pour des cubes
Travail un peu décourageant à assembler mais cela avance à petits pas !

Bien des projets déjà mis en œuvre à plusieurs stades d’avancement seront à finaliser

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Des soies japonaises de kimono pour des petits carrés où le noir joue au dénominateur commun

Des ouvrages recyclant mes antiques tissus japonais encore…

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Collection d’étoffes japonaises anciennes rayées
Le projet est au point…reste l’assemblage !

…même si j’envisage l’arrivée du printemps en Bretagne sous le signe « De soleil luyant, cler et beau »

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Une « Lady of the Lake » poudrée de rose !

D’ici là encore quelques articles de reportages de voyages au Japon comme délassement au remplissage d’une centaine de cartons de livres et de tissus !

Shin Shun – Nouveau printemps – Quilt de fête – Tissus japonais contemporains

J’ai choisi à dessein les étoffes composant ce quilt afin de célébrer les fêtes de fin et de début d’année

Les tissus japonais contemporains, multicolores aux motifs soulignés de doré plutôt destinés aux petits travaux de couture laissent, paraît-il, les quilteuses assez perplexes sur leur bon usage en patchwork

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Shin shun – Nouveau printemps – Quilt pour la nouvelle année – Cotons japonais contemporains
Cousu et quilté à la main – 130 x 130 cm – 2015

Ce type d’étoffe est généralement imprimé de motifs traditionnels de bon augure rejoignant d’antiques traditions décoratives rencontrées sur maints supports partout au Japon

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Quelques Temari, balles décoratives recouvertes de fils de soie, de ma collection sur un tissu imprimé justement de Temari !

A la fin d’une de mes visite dans un Salon de loisirs créatifs, différents tissus conçus pour le patchwork et déjà découpés en bandes de 20 x 110 cm étaient proposés à la vente en prix réduits

J’y dénichais plusieurs coupons de tissus multicolores et des bleus foncés japonais imprimés de petits motifs, copies modernes de textiles indigo anciens

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Les blocs placés sur leur diagonale semblent accentuer la chute des fleurs blanches imprimées sur le tissu en de longs ruisseaux continus

Le tissu omniprésent sur mon ouvrage est imprimé sur fond bleu indigo de minuscules fleurs blanches de pruniers ou de cerisiers et de Temari, les ballons décoratifs, d’éventails et de bobine de fil de soie, tous ces motifs surlignés de doré à profusion

Ce tissu m’évoquant irrésistiblement les décorations de papier exposées au Japon au moment des fêtes du Nouvel An, je décidai donc d’interpréter selon mon imaginaire ces souvenirs de liesse qui mettent à cette période, tellement d’animation partout dans les villes

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Couleurs vibrantes de papiers Washi dans un choix de teintes propices aux fêtes de fin d’année
La balle Temari surmonte une classique bobine de bois entourée de fils de soie
Boutique dans Karasumadori, la grande artère commerçante de Kyôto

En présence de ce genre de tissu aux foisonnants motifs, deux choix peuvent alors s’offrir, soit calmer le jeu en tentant de les affadir à l’aide de couleurs neutres, soit accentuer leur côté bigarré avec le risque -assumé- de frôler les limites d’un certain capharnaüm réjouissant !

Mon choix de non conformiste fut décisif !

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Les rouges sortent leur épingle du jeu

Je découpai les blocs aux motifs imprimés multicolores en carrés de dimensions plutôt modestes et pour les accompagner, je privilégiai des petits blocs composé de minuscules triangles

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Quilt composé de 99 carrés découpés aux dimensions de 7,5 cm de côté

Chaque paire de petits triangles unit un tissu très coloré avec un bleu foncé uni ou imprimé ton sur ton

Diverses nuances de rouge en grand nombre furent nécessaires afin de faire ressortir les blocs composés

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Petits triangles rectangles de 2,5 cm composant un bloc de 7,5 cm de côté
100 blocs de patchwork composent l’ouvrage, soit une découpe totale de 1800 petits triangles !

La plupart des tissus colorés des triangles proviennent de chutes de textiles japonais pour confection, des satins de coton destinés à confectionner les Futon apportent un aspect lumineux à l’ensemble

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Les jaunes et les verts clairs apportent de la luminosité

Une petite bordure intermédiaire imprimée de fleurs de prunier-cerisier encore ! affiche du rouge foncé afin de souligner les rouges du centre de l’ouvrage et précède une autre plus large reprenant l’étoffe chamarrée, respectant ainsi ma conception de la surcharge !

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La bordure intermédiaire comme rappel du centre de l’ouvrage

Le rendu final du quilt, auquel je fus confrontée une fois l’ouvrage terminé, se révèle en fin de compte plus proche d’un tissu imprimé que d’un patchwork pourtant savamment élaboré !

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Joindre deux lés de tissus pour la bordure en les séparant par une petite bande rouge imprimée de motifs dorés évidemment !

Quilter les blocs de petits triangles se révéla peu judicieux en raison des trop nombreuses marges de couture, les carrés imprimés reçurent alors un matelassage sous forme de cercles en fils à coudre un peu épais de différentes couleurs afin de reprendre les teintes de l’ensemble

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Fantaisie des cercles quiltés librement sans le souci de les centrer au milieu des carrés

La doublure recycle, comme à mon habitude, trois lés d’étoffes d’ameublement assez légères sur fonds bleus

L’imprimé aux grandes fleurs de prunier-cerisier, toujours ! et de papillons dans le style « campagne fantaisiste » est accompagné d’un tissu de fleurs « exotiques » dans la veine des Indiennes

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Tissu d’ameublement français du centre complété de deux lés de tissus japonais sur fond bleu foncé

Les tissus achetés étaient donc des bandes prises sur la totalité de la largeur de l’étoffe, et déchirées afin de rétablir, je suppose, le droit fil nécessaire, sauf que certains tissus ne supportent pas d’être traités si violemment et en gardent des traces indélébiles !

Je m’aperçus avec consternation que tous les bords comportaient des fils tirés du plus mauvais effet, je dus émarger environ 5 cm sur chaque côté des coupons, ce qui prouve que les offres supposées avantageuses se révèlent souvent illusoires !

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Manquant du tissu rouge foncé pour la bordure intermédiaire, je fus contrainte d’utiliser quand même un morceau comportant des fils tirés dus à un déchirement intempestif

Petite mésaventure qui peut permettre de prêter une plus grande attention à ce que l’on achète, surtout dans les Salons !

Dernier quilt terminé de l’année …Mais quelques travaux en cours seront dévoilés lors du prochain article du premier Janvier à venir

 

Aki no yûgure – Soir d’automne – Quilt en tissus japonais – Jeux sur les rayures

J’ai une prédilection particulière pour les tissus à rayures et j’aime fort les combiner surtout quand ils sont réputés se nuire mutuellement une fois assemblés !

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Aki no yûgure – Soir d’automne – Quilt en tissus japonais
120 x 120 cm – Cousu et quilté à la main – 2015

L’idée de ce quilt vient des promenades au début de printemps et en fin d’automne faites dans la campagne autour de la ville de Nihonmatsu où la marche est souvent agrémentée d’un vent glacial descendant en rafales du mont Adatara

Les tissus rayés m’évoquent les pointes acérées du vent quand, entre chien et loup, la lumière voilée de fin d’après-midi cède tout à coup à un clair-obscur suscitant le désir de vite rentrer au chaud !

140322_029 Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

La ville de Nihonmatsu se blottit au pied du mont Adatara dans la préfecture de Fukushima

Je voulais disposer d’une petite collection de tissus à rayures achetés au Japon lors de mes voyages, étoffes artisanales comme les cotons rayés d’Aizu et les tissages à la texture crêpée Shijira d’Awa, complétés par des unis tissés de fils épais irréguliers

140326_062 Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Aizu momen – Petits rouleaux de cotons d’Aizu
Ici, proposés à la vente dans la boutique d’une gare !

Nombre de ces tissus à rayures et unis pour kimonos ont été trouvés un peu partout dans la région d’Aizu sous forme de petits rouleaux de 50 cm sur 30 cm de large, dans les magasins touristiques, mais aussi dans les kiosques de gares, dans le coin d’un supermarché, dans un magasin de vêtements…

140326_096m Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Aizu momen utilisés pour la confection de porte-monnaie
Ce genre d’article se trouve fréquemment dans la préfecture de Fukushima

Consciente de la difficulté de confectionner un ouvrage uniquement avec des tissus rayés de différentes couleurs, mon projet nécessitait un bloc simple afin d’éviter une trop grande disharmonie

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Bloc basique de triangles prolongés d’un carré 

Les étoffes se partagent entre fines et larges rayures tissées, mais un écossais aligne des carreaux lumineux et joue le rôle du point intrigant dans le quilt

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Un intrigant écossais clair parmi toutes les rayures sert de point focal

Deux petits triangles unis servent de liaison afin de rehausser le textile rayé dans chaque bloc et limitent ainsi la confusion qui, sans eux, ne manquerait pas d’advenir !

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Des rayures jaunes un peu discordantes ont quand même trouvé leur place 

Le placement tête bêche des blocs ordonne le sens des rayures, car disposées côte à côte comme elles sont, il fallait leur offrir suffisamment de contraste pour éviter qu’elles ne jouent à l’embrouillamini !

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Les petits triangles unis forment le dessin secondaire de moulins à vent

Par économie de tissu, la disposition des rayures dans les grands triangles ne sacrifie pas à la symétrie suivant leur diagonale, les carrés rayés leur faisant face sont disposés en sens contraire afin d’éviter un alignement peu satisfaisant

151115_021Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Désirant utiliser tous les tissus à ma disposition, j’ai évité au maximum l’écueil de placer des rayés trop ressemblants côte à côte

Pendant le quilting, je m’aperçus que le carré d’un bloc avait échappé à ma surveillance mais le fautif fut rapidement remis dans le doit chemin !

151011_001Aki no yûgure - Soir d'automne - Quilt en tissus japonais

Petite erreur de placement !

Si les tissus unis sont assez épais, les étoffes rayées se partagent entre souplesse et densité, heureusement que la couture à la main permet presque toujours de s’arranger avec ce genre de menus problèmes !

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Les étoffes rayées de l’ouvrage sont neuves et assez récentes
Un bloc seul, en haut à l’extrême droite, est formé d’un tissu ancien
Petit clin d’œil à mon affection pour le recyclage !

La bordure a été prélevée sur un rouleau d’étoffe rayée pour kimono, tissu de goût populaire typique de la mode des années 1950-60 qui s’accorde bien avec le côté « vintage » de l’ouvrage !

Le quilting suit ou contrecarre le dessin des rayures, exécuté avec des fils à coudre un peu épais, il maintient simplement les épaisseurs sans ajouter de motifs supplémentaires

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Fils à coudre pour « coutures solides » parfaits pour quilter
Les croisillons sur la bordure ont été réalisés au fil rouge foncé
Aki no yûgure traduit notre expression « entre chien et loup »

La doublure, déjà utilisée pour mon quilt précédent, exploite le reste d’un coupon de tissu français à rayures bleu foncé sur fond gris, sa texture souple en a fait un partenaire idéal pour sauvegarder mes doigts de trop de piqûres pendant le quilting !

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La doublure en situation
A rayures évidemment !

La petite bordure de finition joue sur le contraste de sens des rayures, un petit peu de fantaisie en guise de point final

Japon – L’automne à Kyôto – Le Ryôanji – IV – Kôyô no jiki

Au Japon, les temples ferment leurs portes généralement vers 16h30; une fois le Hôjô et son Karesansui clos, le jardin paysager du Ryôanji se laisse encore admirer jusqu’à la tombée de la nuit

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Il faut emprunter les grands escaliers de pierre pour redescendre dans le jardin paysager

Dernière flânerie sur le chemin contournant l’étang en profitant de Kôyô no jiki, « la saison des feuilles rouges d’automne »

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Nichée dans la verdure, une porte en treillis de bambous menant vers un lieu un peu mystérieux !

Comme nous cheminions solitaires dans ce paysage livré à notre seule contemplation nos multiples arrêts admiratifs autour de la pièce d’eau furent bientôt accompagnés par un superbe et inattendu coucher de soleil !

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Soleil couchant sur l’étang du Ryôanji dans ses couleurs d’automne

A ce moment, les teintes douces et vaporeuses de fin d’après-midi redevinrent éclatantes, une lumière dorée et vibrante s’étendit sur la végétation et la palette de Dame Nature n’en finit plus de déployer ses couleurs ardentes dans l’unique but de nous éblouir évidemment !

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Une île au milieu de l’étang abrite le temple de Benzaiten san mais les divinités sont généralement inaccessibles !
Le jardin est du style Shakkei, « le paysage emprunté » il inclut les collines en arrière fond

Une petite île sur l’étang abrite un temple consacré à Benzaiten sama, avatar du genre féminin des arts et de la musique, divinité accordant protection et prospérité à ses sectateurs

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Benzaiten sama comme incarnation divine est associée à l’élément liquide
Son temple se situe donc logiquement au milieu des eaux !

Le jardin et son étang sacrifie au style Shakkei « le paysage emprunté » l’effet de profondeur donné à ce petit espace se trouve amplifié par l’environnement naturel de Kinugasa yama, les collines du Nord Ouest, en arrière plan

121116_905-2jpg Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - IV -  Kôyô no jiki

La barque de la divinité en voyage…
A moins qu’elle ne serve plus prosaïquement qu’aux jardiniers du temple

Mais cette brusque magie de couleurs intenses se révéla éphémère…

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Nous observâmes longuement le ballet des graciles aigrettes à la recherche de leur pitance

…le soleil retiré au-delà des collines laissa place à une lumière déclinante masquant peu à peu le paysage sous des teintes aux nuances brunes monocordes

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Sur les rives de l’étang, les derniers rayons du soleil font vibrer l’incandescent rouge des érables

Soudain surpris par une fraîcheur insidieuse, il fut grand temps de laisser le jardin à sa vie nocturne…

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Sanmon – la Grande porte d’entrée et ses dépendances de gardiennage

…afin de retrouver les avantages des services courtois « à la japonaise » qu’offre la vie contemporaine dans des grandes villes comme Kyôto !

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Une journée de tourisme fiévreux s’achève

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La grande porte s’est refermée sur un univers hors du temps

Japon – L’automne à Kyôto – Le Ryôanji – III – Autour du jardin Karesansui

Les divers bâtiments du temple Ryôanji se conforment au Shoin zukuri, le nouveau style d’architecture créé à l’époque Muromachi, sobres constructions en faveur auprès de la noblesse militaire et des temples affiliés au Bouddhisme Zen

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Hôjô du Ryôanji – Les salles en enfilade de style Shoin mais de facture contemporaine
Les Shoji ouverts encadrent la vue sur le Karesansui (à gauche)

Le Hôjô, à l’instar de tous les édifices sacrés ou profanes construits uniquement en bois, fut détruit plusieurs fois au cours des âges par le fait d’incendies

Mais il fut à chaque fois reconstruit dans le style originel de l’architecture du XVe siècle, selon la coutume au Japon qui est de rebâtir toujours un temple dans son style initial

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Hôjô du Ryôanji – Les murs de plâtre blanc aux poutres de soutènement brunes sont typiques de l’architecture du bouddhisme Zen

Le Hôjô en plus d’être l’appartement du Supérieur servait aussi de salle de réception pour les envoyés du Tennô, l’empereur, ce qui nécessitait une décoration dépouillée bien en phase avec l’esthétique du Zen

Malgré l’austérité prônée par le Zen, de somptueux Fusuma décorés de peintures sur fond de feuilles d’or ornaient le Hôjô jusqu’au début du XXe siècle

Mais ils furent dérobés avant ou après la guerre et une moitié seulement fut retrouvée aux USA; les panneaux proposés aux enchères furent acquis par un acheteur anonyme et restitués au temple, ils reposent désormais à l’abri mais loin du regard des visiteurs !

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Hôjô du Ryôanji – Les Fusuma , cloisons coulissantes, permettent commodément de réduire ou d’agrandir l’espace disponible

L’architecture Shoin zukuri de l’époque Muromachi se caractérise par l’installation sur les sols de tatamis, la mesure des dimensions des pièces se calculera désormais en fonction de leur nombre

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Hôjô du Ryôanji – Les Fusuma ont reçu des peintures monochromes de style Nanga
Elles n’ont été réalisées qu’à l’époque Showa (1926-1989)

Des Fusuma, des cloisons mobiles recouvert de papier Washi opaque et décorés en général de peintures, seront en charge de la distribution des pièces et des Shôji en papier Washi translucide en guise de fenêtres remplaceront les lourds vantaux aux abattants de bois des époques précédentes

Mais le Hôjô du Ryôanji ne possède pas de Shôji, des portes en bois protègent le bâtiment contre la pluie, le froid et assurent la fermeture pour la nuit

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L’espace laissé entre les Fusuma et le plafond est souvent décoré de frises de bois ajouré
Audacieuses peintures de dragon sur les Fusuma en référence au nom du Ryôanji, « le temple du repos du dragon »

Les plafonds dans l’aménagement Shoin zukuri sont en général à caissons remarquablement élaborés, mais au Ryôanji, le plafond de bois moderne est d’une stricte sobriété

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Les décors de paysages sous la brume ou de dragons s’élançant dans les cieux ont toujours été en faveur dans l’esthétique Zen

Le bâtiment du Hôjô est monté sur pilotis et doté de vérandas pourtournant l’édifice, une galerie plus profonde donnant sur le jardin et trois plus étroites sur les autres côtés

Ces auvents aux toits largement débordants sont chargés de protéger les constructions contre le ruissellement des eaux de pluie

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Tout autour du bâtiment, le toit de la véranda au plafond de bois à chevrons apparents

Le jardin Karesansui se déploie sur la face nord du Hôjô, mais sur les autres côtés de la véranda la nature reprend ses droits

Même si c’est une nature qui doit beaucoup à la main de jardiniers !

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Jardin de mousses s’étendant au pied d’érables rougeoyants sur le côté du bâtiment faisant suite au jardin Karesansui

En foulant, sans chaussures évidemment ! la galerie entourant le Hôjô, des détails architecturaux ne m’ont pas laissée indifférente !

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Détails des Sankarado, portes en bois plein dont le haut est constitué de vantaux à claire-voie
Détails d’éléments d’architecture typiques du Zen

Des portes en bois plein aux sculptures animalières de Shishi, les chiens-lions chargés d’assurer la protection des lieux…

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Porte de bois au décor sculpté clôturant l’extrémité des galeries – Détail

..aux portes en bois aux vantaux ajourés avec des ferrures et des poignées de bronze gravé

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Ravissante poignée de porte en bronze (ou laiton) teinté

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Clou de porte en bronze doré avec le Kiri Mon (fleurs de Paulownia) attribut actuel du gouvernement japonais et les chrysanthèmes à 16 pétales, emblème de la cour impériale

Divers autres bâtiments cultuels, non ouverts à la visite, enserrent étroitement le Hôjô, séparés de lui par de très petites bandes de terrain planté de différentes espèces végétales, la couleur de feu des érables dominant le vert ambiant

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De l’ombre à la lumière
De la véranda, vu sur les étroits espaces verts séparant les bâtiments

Là aussi des détails remarquables même s’ils sont devenus des ornements conventionnels astreints aux habituelles protections-décorations de tous les temples bouddhiques

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Sur le pignon du toit, un acrotère à figure d’Oni, un démon,  surmonté du Hôju, le joyau sacré bouddhique

J’aime particulièrement les fenêtres, toutes différentes en taille, en forme…

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Katô mado – Fenêtre dont le haut symbolise des flammes
Fenêtre typique de l’architecture Zen

…des plus simples aux plus élaborées dans leur décor, mais toujours sobres, esthétisme Zen oblige !

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Katô mado, dans le genre fenêtres coulissantes
Je ne suis pas sûre que cette forme, au demeurant plaisante, soit vraiment historique !

La cloche en bronze du temple accrochée sous un auvent et toquée par un long bâton sert à appeler les moines pour les offices, le travail ou les repas

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Jardins du Ryôanji aux couleurs flamboyantes de l’automne

Les tuiles rondes habituelles, toute neuves, couronnent les toits modernes du Ryôanji

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Décor habituel d’un temple avec sa cloche, ses toits recouverts de tuiles
Les embouts des tuiles rondes affichent le symbole Mitsu domoe censé protéger contre l’incendie

Les temples possèdent souvent, dans leur jardin, des fontaines-vasques destinés aux ablutions rituelles

Ce Tsukubai de forme ronde creusé dans une pierre à l’image d’une pièce de monnaie chinoise, nécessite de se pencher en signe d’humilité pour procéder à la purification de la bouche et des mains

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Un bambou creusé alimente le Tsukubai en eau
L’eau est puisée à l’aide d’une Hishaku, une louche en bambou munie d’un long manche

Forme de Tsukubai courante dans les jardins mais celui-ci possède quatre Kanji gravés de chaque côté de sa margelle et qui, associés au carré du centre signifiant « bouche », forme une sentence inhérente au Zen signifiant à peu près « Je sais seulement qu’il ne faut avoir ni trop ni peu » formule qui peut se comprendre selon son degré de spiritualité !

121116_585 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - III - Autour du jardin Karesansui

Tsukubai signifie littéralement se baisser avec respect

La visite du Hôjô se conclut en longeant des paravents où des calligraphies puissantes suggèrent bien l’éloquence du Zen !

121116_626 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - III - Autour du jardin Karesansui

Teranishi Kenzan (1859-1945)
Tsûki – Entrée ou Passage de l’Esprit calligraphié sur un écran

121116_629 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - III - Autour du jardin Karesansui

Teranishi Kenzan – Calligraphie sur une paire de paravents – Détail de l’un deux

Un dernier article conclura cette visite détaillée ! du Ryôanji

Japon – L’automne à Kyôto – Le Ryôanji – II – Le Jardin Karesansui

La création de jardins d’un style nouveau à l’époque Muromachi (1333-1573) suit de très près l’esthétique du bouddhisme Zen qui, fortement influencée par les modèles à reproduire venus du Continent, s’affranchira peu à peu de la notion de jardins de plaisance des lettrés chinois

121116_539 Japon – L'automne à Kyôto –  Le Ryôanji - II - Le Jardin Karesansui

Espace clos pour le Karesansui, le jardin de méditation au Ryôanji
Vu au travers des branches d’un érable jouxtant la véranda du Hôjô, la résidence du Supérieur du temple,

Les deux sortes de jardins souvent aménagés dans l’enceinte des monastères Zen ne sont pas discordants, au jardin de promenade autour d’une pièce d’eau pour la contemplation d’une nature idéale recréée correspond dans un espace clos, le Karesansui, un petit jardin de goût austère dévolu à la méditation

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Karesansui – Fin d’après-midi d’automne dans le jardin du Ryôanji
Rectangle clos de 25 x 10 mètres
Vu de l’entrée, cliché pris en position debout !

Ces jardins de dimension réduite ne permettant pas la circulation sont destinés à être regardés en position assise sur le seuil des vérandas ou encadrés par les Shoji entrouverts, les cloisons coulissantes, des appartements des Jyûshoku, les Supérieurs des temples bouddhiques

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L’extrémité du Karesansui avec 2 groupes de 5 pierres
Photo prise du côté nord, en étant assis sur la véranda dont la position surplombe légèrement le jardin

Ces jardins de contemplation furent conçus par des artistes-moines bouddhistes cultivés s’adonnant aussi à la poésie et à la peinture à l’encre monochrome Nangaha, style inspiré de l’art pictural chinois

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Ryôanji – Fusuma dans le Hôjô
De style Nanga, ces peintures de paysage n’ont été réalisées qu’à l’époque Showa (1926-1989)

L’imaginaire et le vide évoquant l’infini contenus dans les peintures de paysage de style Sansui « montagne et eau » furent recréés symboliquement dans l’espace réel des jardins

De sobres éléments, du sable, des graviers, des pierres et quelques mousses ou végétaux persistants disposés dans un espace dûment étudiés d’après le Sakuteiki, « Traité sur l’aménagement des jardins » suffisent seuls à rendre dans ce microcosme abstrait l’essence d’une nature intellectualisée

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Groupes de 2 et 3 pierres qui réunis forment une combinaison de 7 éléments

Cet intrigant jardin du Ryôanji soigneusement entretenu chaque jour par des moines qui y travaillent avec une ferveur minutieuse n’est pourtant pas immuable, il vibre selon les nuances de la lumière aux changements de saisons, une feuille qui vient s’échouer sur le sable fournit un sujet d’animation et de profond questionnement !

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Groupe de 2 rochers le long du mur du fond
Le muret qui enclot le jardin est constitué de terre cuite dans l’huile de navette, qui lui confère une solidité exceptionnelle

La lumière aveuglante de l’été sur le lit de graviers blancs de kaolin cède, en automne, aux douces nuances grisées, c’est en cette saison, assise sur la véranda en toute fin d’après-midi, que je préfère me fondre dans ce jardin

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Le premier groupe de 5 pierres à l’entrée du jardin
Jeux d’ombres créés par les ondulations du gravier blanc autour des rochers

On peut voir une synthèse de paysage en réduction dans ces arrangements de sable et de graviers savamment ratissés animant la surface et évoquant, à proximité d’un rivage, les rides du courant formant des ondes concentriques autour de quinze îles-rochers

Mais plus sûrement que la contemplation d’un paysage en miniature, cet espace créé pour la méditation permet une introspection silencieuse et il arrive que la conscience se focalisant sur un point du jardin fait se dissoudre peu à peu la surface accidentée de sable et de pierres

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Lumière douce d’un soir d’automne sur le Karesansui
La taille du jardin, un rectangle de 75 Tsubo (ou 150 tatamis !) se traduit par 25 x10 mètres, surface particulièrement importante pour un Karesansui, généralement beaucoup plus petit

Au Ryôanji, les quinze rochers naturels sont disposés par groupes de cinq, de deux et de trois, leurs réunions forment le chiffre sept, respectant la tradition ésotérique des chiffres bénéfiques 7-5-3 qui rythment la vie japonaise encore de nos jours

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2 groupes de 3 et 2 pierres
Les rochers non retaillés sont installés dans le jardin en respectant, en principe, la position qu’ils occupaient dans la nature

Ce Karesansui énigmatique est l’œuvre de jardiniers-paysagistes restés anonymes, mais la chronique ne se résolvant pas à admettre d’aussi obscurs artistes, s’empressa de l’attribuer à Sôami, célèbre peintre de style Nanga !

Ce jardin particulièrement renommé dès le début de l’époque Edo, connut au cours des siècles bien des interprétations

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Groupe de 3 pierres
Les tapis de mousses au pied des rochers apportent sobrement une touche de couleur

Toranoko watashi, les « petits tigres traversant » est le nom sous lequel était connu ce jardin à l’époque de sa construction d’après une antique légende chinoise d’une mère tigre transportant ses trois petits en faisant de nombreux aller-retours afin de les préserver de la voracité de l’un d’eux

Cette théorie, que d’aucuns jugent farfelue en ne se fondant que sur une vision matérialiste ! a le mérite de mettre en lumière le système de pensée symbolique qui régentait alors au Japon toutes les réalisations humaines

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Le premier groupe des 5 rochers de basalte
Photo prise en position assise sur la véranda

Si la combinaison Shichi go san, 7-5-3 est maintenant acceptée, il y a aussi la théorie des agencements de pierres selon l’idéogramme Kokoro, le cœur ou l’esprit, tel que ce Kanji est librement calligraphié

Les cinq groupes de rochers pourraient également symboliser cinq grandes montagnes chinoises ou encore les cinq Gozan, les temples Zen les plus importants de Kyôto

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Au-dessus du muret dont les couleurs patinées s’accordent avec la notion de Sabi, le toit étroit à double pente est recouvert de bardeaux de cyprès
Les bardeaux sont une restauration « à l’ancienne » car je l’ai encore vu, il y a quelques décennies recouvert de tuiles modernes

Il n’est pas possible en l’état actuel, debout ou assis sur la véranda, d’embrasser la vue des quinze pierres en une seule fois, ce qui encourage à admettre, selon la pensée Zen que l’idée de la perfection n’est qu’une illusion et une recherche vaine !

On prétend qu’autrefois quand le Jyûshoku, le Supérieur du temple, était assis au centre d’un plus vaste Hôjô, son logement, dont la taille fut réduite après l’incendie de la fin du XVIIIe siècle, il lui était possible de contempler les rochers au complet !

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A la manière des Bonseki « Jardin de pierres sur un plateau » jeu raffiné des esthètes depuis le XVIIe siècle pour harmoniser l’arrangement des pierres dans un jardin
En vue plongeante, les 15 rochers sont enfin visibles dans leur totalité
Bonseki exposé à l’entrée du Karesansui

Du jardin de sa résidence, Hosokawa Katsumoto, l’ordonnateur du Karesansui, aimait faire ses dévotions tourné dans la direction du Otokoyama Hachimangû, sanctuaire éloigné de Kyôto mais fort vénéré à l’époque

Des huit points de vue remarquables de la capitale, à la fin du XVe siècle, qu’il pouvait admirer de son jardin, les grands arbres qui s’élèvent désormais au-delà du muret ne le permettaient déjà plus à la fin du XVIIIe siècle

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Guide des sites remarquables de Kyôto publié à la fin du XVIIIe siècle
De grands pins à l’époque, barrent déjà l’horizon

Les religieux convertis à la philosophie du bouddhisme Zen et désirant quitter l’univers d’apparat des jardins aristocratiques, sublimèrent ces compositions abstraites qu’ils destinèrent principalement à la recherche de l’Éveil

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Jeu sur la perspective et sur l’effet de profondeur
La dimension du muret de 1,80 mètres se réduit progressivement jusqu’à perdre une hauteur conséquente à la jonction des 2 pans de murs

Mais ce jardin est devenu une image simplement évocatrice de la civilisation japonaise…

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Le jardin s’incline doucement vers le Sud-Est afin de faciliter l’évacuation des eaux pluviales
En bas de la véranda, des dalles de granit doublées d’un lit de gros graviers aident à drainer l’écoulement de l’eau

 …même si son sens esthétique universellement admiré, fait l’impasse maintenant sur le pourquoi de sa création

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Le nom du temple Ryôanji calligraphié avec les sceaux adéquats, et conservé depuis plus de 35 ans dans notre Shuin chô !
Le temple n’accorde plus désormais le souvenir de la visite

Un troisième chapitre -à venir- refermera cette visite au Ryôanji

Japon – L’automne à Kyôto – Le Ryôanji – I – Le jardin paysager

 Suite de la visite des grands temples au Nord-Ouest de Kyôto, après une belle matinée à admirer le Kinkakuji …

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L’automne dans les jardins du temple Ryôanji « le temple du repos du dragon »

…nous consacrâmes la fin d’après-midi à revoir le jardin Karesansui, le jardin de pierres et de sable rempli de mystère du Ryôanji, temple affilié au Myôshin-ji, une des cinq plus grandes écoles du Rinzai-shû, branche du bouddhisme zen

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Plan du complexe monastique du Ryôanji

Dès la grande porte franchie, l’itinéraire emprunté s’étire doucement, en cette saison, sous des frondaisons aux couleurs automnales

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Sanmon – La grande porte d’entrée du complexe de temples zen

Le chemin en cette presque fin d’après-midi, soulagé des flots incessants de touristes, permettait aux seuls chants d’oiseaux d’animer les lieux redevenus calmes et paisibles

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Les érables s’enhardissent sur le chemin de promenade

Sur le sentier, du côté des grands murs de pisé enserrant des temples secondaires, les érables couronnaient de leur feuillage d’or les barrières de bambous

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Les feuilles dorées des érables ne se décidaient pas encore pour le rouge flamboyant !

Le sentier desservant tous les bâtiments monastiques, longe une partie de l’étang…

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Kyôyôchi – « Au miroir de l’étang »
Au soleil déclinant en toute fin d’après-midi
Des fleurs de lotus et des nénuphars recouvrent presque la totalité de l’étang

…il mène au célébrissime jardin minéral mais arrivés devant l’entrée et malgré l’heure tardive, la véranda face au jardin demeurait encore trop fréquentée à notre goût !

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La période de Kôyô, la saison des feuilles rougeoyantes, déploie ses couleurs autour de l’étang

Nous décidâmes alors de continuer tranquillement la visite du superbe jardin vert paysager ordonné autour de son étang, avant de revenir tenter notre chance un peu plus tard !

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Sur le chemin d’accès, des haies de bambous comme clôtures de temples secondaires

Le touriste lambda ne s’attardant pas au-delà des lieux « à voir absolument », notre déambulation se déroula donc dans la plus grande quiétude afin de profiter sereinement des attraits offerts par la promenade

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Haie de bambous écorcés succédant aux murs d’enceinte délimitant les temples

Le chemin, légèrement vallonné sinue entre de sveltes et grands pins, des érables, des cerisiers au tronc noueux et des buissons de camélias, la variété des essences d’arbres se devant animer en couleurs ce jardin au fil des saisons

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Simplicité et beauté des matériaux naturels mis en œuvre tout au long du parcours

Les sous-bois du jardin naturel, souches d’arbres, racines et belles pierres sont entièrement recouverts d’un tapis velouté de mousses de différentes espèces, qui loin d’être considérées comme envahissantes participent au charme et à la quiétude des lieux

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Les rochers aux formes tourmentées ont toujours une place de choix dans les jardins
Selon les croyances du Shinto, les Kami, les déités, aiment s’y reposer

Le complexe monastique s’élevant sur une colline en pente douce au Nord Ouest de Kyôto, les temples bâtis au-dessus de l’étang situé au pied du vallon demandent d’emprunter de grands escaliers empierrés pour accéder aux saints des saints !

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Un des trois imposants escaliers menant aux différents temples

Avec la promenade autour de son étang, le passage sur ses ponts ou encore le détour sur ses îles, ce jardin qui invite à la promenade est encore du style des arrangements des époques antérieures à l’époque Muromachi (1333-1573) période où l’esthétique Zen favorisa l’aménagement de jardins secs minéraux uniquement conçus pour la méditation

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Koke niwa, le jardin des mousses, à l’entretien extrêmement soigné

Un temple premier fut construit au milieu du XVe siècle sous l’égide de Hosokawa Katsumoto (1466-1507) sur un terrain reçu en héritage de sa puissante famille des Fujiwara

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Sur le mur en pisé de l’enceinte légèrement oblique, le toit largement débordant prévient les dégradations de  la pluie
La pièce de bois soutient les chevrons et termine la poutre faîtière
Le petit fossé d’écoulement des eaux, au pied du mur, se situe sous le soubassement de pierre

Issu de la classe des Buke, l’aristocratie militaire, Hosokawa tint une fonction de haut fonctionnaire auprès du Shôgun Ashikaga Yoshimasa mais pour une question de légitimité du pouvoir, il provoqua la désastreuse Ônin no Ran, la guerre d’Ônin, qui pendant dix ans ( 1467-1477) mit la capitale Kyôto à feu et à sang en détruisant une grande partie de son patrimoine ancien

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Ces rustiques murs aux teintes délavées sur lesquels la lumière joue et s’attarde sont représentatifs de l’esthétique Wabi-Sabi, une préférence pour la simplicité et le goût pour la patine du temps

Mais ce foudre de guerre était aussi un esthète, passionné de philosophie zen, et pour concrétiser ses aspirations il fit réaliser entre 1458-1462, un jardin conçu pour la contemplation et selon de vieilles chroniques il l’orna « de pierres de goût étrange » !

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Seigen-in – Porte d’entrée d’un des temples auxiliaires du Ryôanji
Le bâtiment aurait été édifié à la toute fin du XVe siècle

Le temple premier fut incendié pendant la guerre qu’Hosokawa engagea de manière imprudente mais les bâtiments reconstruits par son fils furent de nouveau détruits à la fin du XVIIIe siècle, les constructions actuelles sont donc postérieures à ce nouvel incendie survenu en 1797

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Seigen-in – Une sente dallée avec art conduit au temple niché dans la verdure
L’accès au temple n’est autorisé qu’à certaines périodes

Le Ryôanji, célèbre grâce à son jardin minéral intrigant prospéra ensuite sous la protection du Shôgun Hideyoshi qui vint y admirer en 1558, honneur suprême ! des Shidarezakura, les majestueux cerisiers en pleine floraison

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Chokushi mon – Porte donnant accès au temple principal du Ryôanji réservée exclusivement à l’envoyé du Tennô, l’empereur, ou encore au messager du Shôgun

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Chokushi Mon – Détail de l’imposte ajourée et du pignon du toit incurvé de type Karahafu typiquement japonais

Les temples secondaires du complexe monastique présentent une architecture et des caractères spécifiques au style de construction du bouddhisme Zen

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Au-delà d’une porte imposante, encore un charmant petit temple secondaire
Katô mado, les fenêtres, affectent une forme très sobre

Murs de pisé blanchis à la chaux en contraste avec les bruns des poutres de soutènement, toits de tuiles vernissées, élégants treillis de minces baguettes de bois protégeant le papier Washi masquant les fenêtres

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Même les petites cours devant les appartements des moines se doivent de laisser place à la nature, source de vie

Selon le syncrétisme en vigueur dans les lieux de culte, des Torii du Shinto côtoient les lanternes de pierre habituellement rencontrées dans les complexes de monastères bouddhiques

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Torii laqué de rouge délimitant une aire sacrée

Au mi-temps du chemin, une entrée se signale par un treillage de bambous, une porte ouverte et des dalles de pierre invitent à faire une pause dans un restaurant végétarien

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Yudofuya – Entrée du restaurant végétarien
Le Noren, petit rideau, est déployé : c’est ouvert !

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Shôjin Ryôri – Menu végétarien constitué autour du plat principal de Yudofu, du Tofu servi chaud

La suite de la visite sera bien sûr pour ce fameux jardin de pierre

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Entrée sur le Karesansui, le jardin le plus célèbre du Japon !

Shu to Ai – Rouge et indigo – Quilt indigo en tissus anciens japonais

Le titre de mon quilt pourrait être aussi Aka to Ao, rouge et bleu, mais la formule Shu to Ai, rouge (rouge de la laque au Japon) et indigo, se révèle beaucoup plus traditionnel… et poétique !

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Shu to Ai – Rouge et indigo
Cotons anciens teints en indigo
Cousu et quilté à la main – 125 x 125 cm – 2015

L’idée de cet ouvrage vient de la combinaison de ces deux couleurs Shu to Ai que revêtent nombre d’objets de la vie quotidienne au Japon…

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Shu to Ai – Du rouge et du bleu pour un duo de tasses à thé sur des Tenugui (petites serviettes en coton) et pour un Furoshiki aux couleurs de l’automne sur fond indigo

…papiers, vaisselles, tissus, kimonos, jusqu’aux Hanten, vestes teintes en indigo revêtues au moment des fêtes par les artisans et les commerçants où les noms des firmes s’affichent en rouge vif au dos des vêtements

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Vases « vintage » pour l’Ikebana en bleu et rouge, spécialités de la région de Matsumoto dans les Alpes japonaises
Achetés dans les années 1975

Les tissus composant ce quilt viennent de plusieurs sources différentes

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Marché aux puces à Tôkyô dans la cour du grand sanctuaire Shinto Tomioka Hachiman-gû
Le Torii indique que le lieu est sacré mais les brocantes se tiennent souvent aussi dans les cours des temples bouddhistes

Lors de notre dernier séjour à Tôkyô nous visitâmes une brocante où se négociaient beaucoup d’objets disparates à des prix conséquents …

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Le Honden (bâtiment principal) du sanctuaire
Des personnes viennent prier le dieu pendant que d’autres font des affaires !

…mais je n’y vis que peu de textiles, sinon un stand proposant des kimonos anciens mais dont le coût ne satisfaisait pas ma bourse !

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Dôgi ou Wataire, petite veste, ici destinée aux enfants en patchwork de tissus anciens

Sur ce stand, en attendant d’éventuels acheteurs, une personne décousait des kimonos usagés teints en indigo pour proposer à la vente des coupons plus facilement négociables, les parties très usées des étoffes tombaient dans un carton à ses pieds…Je pensais alors que je me contenterai volontiers de ces petits bouts mis au rebut !

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Du Boro évidemment, c’est à la mode aussi au Japon !
Même si celui-ci n’était pas encore tout à fait en lambeaux !

A la fin du marché, au moment du remballage, je passai de nouveau devant le stand et y achetai quand même quelques coupons de cotons indigo puis j’osai mettre les mains dans le fameux carton, objet de mes convoitises, quand les vendeurs pressés de ranger, me demandèrent si je voulais ces chutes ! et en souriant ils ajoutèrent gracieusement ces bribes de tissus à mes achats !

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Une jeune brocanteuse en Sunbonnet, sûrement une fan de The Little House on the Prairie !

Ces chutes une fois triées, se révélèrent être de très petites bandes assez courtes et ne dépassant pas les 3 cm de large, je choisis donc ce modèle de bloc pour les utiliser au mieux en sachant que la longueur des petits bouts permettait juste de coudre 4 bandes autour d’un carré central

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Sur la base de 1,5 cm pour la largeur finie des pièces, les carrés mesurent donc 7,5 cm de côté

Comme les premiers blocs réalisés me plurent je décidais de continuer en piochant dans les boîtes de chutes rescapées de mes ouvrages précédents

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Tissus  tous teints en indigo en différentes nuances de bleus jusqu’au violet

Et comme j’entrepris alors de découdre des vieux kimonos des années 1930 bien abimés que je venais de recevoir, mon stock de textiles destiné à cet ouvrage s’agrandit de manière inattendue…

090812_016 Shu to Ai - Rouge et indigo - Quilt indigo en tissus anciens japonais

A l’intérieur d’un kimono ancien en soie, recyclage de bandes de coton donnaient de la tenue au col
La doublure (très usée) est imprimée à la main au pochoir et comporte des détails rebrodés

…car j’eus la surprise de trouver sous les doublures, les parties de renfort des cols recyclant des bandes étroites d’étoffes teintes en indigo bien plus anciennes encore !

090812_021Shu to Ai - Rouge et indigo - Quilt indigo en tissus anciens japonais

Exemple d’un tissage artisanal de coton en Kasuri comme pièces de renfort du col
Les Kasuri de fils indigo sur une base blanche sont relativement rares
Ce tissu ne fut pas utilisé dans cet ouvrage au contraire d’autres en bleu indigo trouvés de la même manière !

Je réservai les plus grandes pièces d’au moins 5 cm de large pour y tailler des losanges (pour un projet futur !) ce qui était en-dessous fut redécoupé en bandes, toutes les plus petites chutes y passèrent afin de reconstituer des bandes de 3 cm de large

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Les 196 blocs de 7,5 cm de côté sont placés avec un hasard…organisé !

La majorité des tissus en coton fut complétée avec des chutes d’étoffes en laine, la diversité des teintes de bleu, des textures et des épaisseurs en firent un ouvrage assez plaisant à coudre mais à cause des structures différentes des points de repère le long des bords furent nécessaires pendant l’assemblage afin de garder chaque bloc bien carré

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Les petits carrés rouges comme diversion au milieu d’un océan de bleus

Des Kasuri (Ikat) des Shibori (teinture à la réserve) des Katazome (pochoirs) voisinent avec des textiles rayés et des unis, ces tissus anciens ont pour dénominateur commun une teinture à l’indigo

151014_007-2jpg Shu to Ai - Rouge et indigo - Quilt indigo en tissus anciens japonais

Nombre de bandes sont constituées de deux plus petites cousues entre elles pour ne rien perdre de ces précieux tissus anciens…le vrai travail de patchwork !

Les tissus unis bleu clair des centres des carrés, afin d’apporter de la variété à l’ouvrage, cèdent souvent la place à un coton aux motifs blancs teints au pochoir sur fond bleu

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Variété des tissus bleu clair tissés ou en Shibori des petits carrés des centres

Mon ouvrage fut prévu au début pour être uniformément bleu mais au fur et à mesure du montage, je ne pus me résoudre à accepter cette trop grande uniformité froide et sans éclat, il y manquait une couleur intrigante !

Je décidai alors d’y ajouter du rouge selon la combinaison Shu to Ai ! Marié à cette teinte ardente, je trouve que le bleu y gagne en intensité et en profondeur

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Unis, rayures, Kasuri et Shibori …en rouge !

Quelques centres de carrés furent taillés aussi dans des vermillons pour servir d’écho aux blocs tout rouge

Le quilting accentue la régularité des formes, mais les marges de couture assez denses sur ces petits blocs nécessitèrent d’employer pour le matelassage un fil épais afin qu’il ne se perdit pas dans les épaisseurs des étoffes

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Le quilting suit les diagonales des carrés
Toujours avec un fil à coudre épais nuancé bleu et un nuancé rouge de Valdani

La bordure provient d’un Hanten neuf, une veste portée au-dessus du kimono

Datant des années 1960, le vêtement, au coton très raide teint en indigo, ayant été mal coupé, je l’ai décousu sans remord !

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L’étoffe de la bordure est tissée en Kasuri en 2 teintes de bleu indigo et 1 de rouge
La bordure mesure 9 cm de large, j’ai placé les motifs tissés en miroir

Je choisis comme doublure un coton français à rayures dont la finesse me facilita grandement l’épreuve du quilting !

151014_022 Shu to Ai - Rouge et indigo - Quilt indigo en tissus anciens japonais

La doublure à rayures est un tissu fin trouvé au magasin « Aux coupons St Pierre » à Montmartre

Les tissus indigo restent pour moi fascinants à utiliser…Des quilts déjà en œuvre seront l’objet d’autres articles…Avec du rouge… sûrement encore !

Paris – Expo « Le Japon au fil des saisons » – Musée Cernuschi – V – Le courant Nihonga

Au début de l’ère Meiji (1868 – 1912) au moment où le pays, désireux de se moderniser, s’ouvrait sur le monde extérieur, le courant Nihonga « peinture japonaise » fut une réaction de sauvegarde contre l’hégémonie grandissante des peintures du style occidental

En cette fin du XIXe siècle, deux grandes écoles de peinture furent créées à Tôkyô et Kyôto afin d’enseigner la pratique des styles traditionnels, les divers courants picturaux de l’époque Edo fusionnant dans cette nouvelle peinture japonaise

Le Nihonga, mouvement néo-conservateur harmonisa les supports habituels, papier et soie, les pigments organiques et les thèmes nationalistes aux influences contemporaines et aux styles de la peinture occidentale

141014_247 Paris - Expo "Le Japon au fil des saisons" - Musée Cernuschi - V - Le courant Nihonga

Mochizuki Gyokusen – Détail
La lune en hiver

Mochizuki Gyokusen (1834 – 1913) issu d’une famille de peintres, professeur à la nouvelle école d’art de Kyôto, réalisa des décors de style traditionnel pour les appartements du palais impérial reconstruit au milieu du XIXe siècle

Les phases de la lune se succèdent sur ce quadriptyque; si la lune de printemps émerge à peine d’un ciel brumeux, celle d’été est plus apparente, la ronde lune d’automne est aussi splendide que l’astre célébré en poésie et l’hiver voile l’éclat du globe de sombres nuages

141014_143 Paris - Expo "Le Japon au fil des saisons" - Musée Cernuschi - V - Le courant Nihonga

Mochizuki Gyokusen (1834 – 1913) La lune au fil des saisons
Kakemono, encre et couleurs légères, or et argent sur soie – 186 x 43,5 cm – 1911
Les peintures se lisant de droite à gauche , l’hiver se trouve donc à l’extrême gauche !

Les pièces de soie servant au montage des Kakemono ont pour fonction de mettre en valeur les œuvres, mais les artistes de Nihonga innovent à cette époque et souvent accompagnent chaque panneau de motifs traditionnels apparentés aux saisons peints discrètement sur les encadrements de leurs peintures

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Mochizuki Gyokusen – La lune au printemps – Détail
L’encadrement en soie en haut et bas de la peinture est peint de fleurs de cerisier et de  branches de saule pour évoquer la saison du printemps

Sur la peinture de Kôno Bairei (1844 – 1895) peintre, calligraphe et professeur dans la nouvelle école d’art de Tôkyô, les oies sauvages illustrant le thème de l’automne sont réalisées à l’encre monochrome avec quelques discrètes touches de lavis rose sur les becs et plumes des oiseaux

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Kôno Bairei (1844 – 1895) Oies sauvages sous la lune d’automne – Détail
Kakemono, encre et couleurs légères sur papier – 137,7 x 64,8 cm – 1893

Le thème des cinq oies sauvages est un sujet classique de la peinture chinoise, symbolisant cinq frères empressés de défendre l’empereur dans une histoire moralisante confucianiste, le motif fut remis à la mode et illustré maintes fois par les peintres de l’époque Edo

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Kôno Bairei – Oies sauvages sous la lune d’automne – Détail
Les nuances de l’encre rendent les plumes avec un grand raffinement

Watanabe Seitei (1851 – 1918) artiste prolifique débuta sa carrière par la conception de décors pour des objets destinés à l’exportation, puis séjournant deux années en France et son art plaisant beaucoup aux Occidentaux, il remporta plusieurs médailles lors d’expositions internationales

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Watanabe Seitei (1851 – 1918) Prêles et libellules
Kakemono, couleurs sur soie – 110,6 x 40,4 cm

Peintre fort réputé, il réalisa des albums de Kachôga « peintures de fleurs et d’oiseaux », doué pour l’observation, ses compositions jouent souvent avec la dissymétrie dans une opposition du plein et du vide

Bousculant la tradition, deux insectes remplacent les oiseaux qui volètent auprès de prêles d’hiver en lieu et place de fleurs ! La dynamique verticale des tiges, coupées par des obliques témoignent de son sens de la composition

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Watanabe Seitei – Prêles et libellules – Détail

Nombre de ses œuvres jouent sur le contraste des nuances du lavis d’encre du gris très clair au noir profond, souvenir de son apprentissage de la calligraphie, avec des touches subtilement colorées pour mettre en valeur les motifs principaux de son sujet

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Watanabe Seitei – Moineaux dans un bosquet de bambous – Détail
Kakemono, encre et couleurs sur soie – 129,4 x 50,5 cm

Les œuvres de Suzuki Shônen (1849 – 1918) peintre important du courant Nihonga sont souvent amples et impressionnantes de vigueur, elles visent néanmoins à l’effet décoratif quand les couleurs associées au lavis d’encre donnent à ses peintures une originalité saisissante

Sous une faible clarté de poussière d’or, les nuages en lavis de bleu, de jaune et de gris nuancés tournoyant autour d’une pleine lune procurent l’illusion d’un spectacle sans cesse renouvelé

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Suzuki Shônen (1849 – 1918) Lune dans les nuages
Kakemono, encre, couleurs et or sur soie – 112,5 x 67,6 cm

La peinture, montée en Kakemono, s’orne de bandes peintes de fleurs d’automne par l’artiste, comme souvent dans le courant Nihonga, le peintre s’attache à prolonger son sujet par une illustration supplémentaire à la saison choisie

141014_164-2g Paris - Expo "Le Japon au fil des saisons" - Musée Cernuschi - V - Le courant Nihonga

Suzuki Shônen – Lune dans les nuages
La peinture est encadrée somptueusement par un brocart de soie évoquant l’automne
Au verso, le cachet du monteur de peintures, célèbre artisan de l’époque !

Je serais ravie si cette série d’articles, témoins d’une exposition magnifique, peut faire apprécier un art souvent fort méconnu en Occident

Paris – Expo « Le Japon au fil des saisons » – Musée Cernuschi – IV – Les paravents illustrés

Représenter les Meisho-e « les sites célèbres » est une longue tradition au Japon et illustrer les paysages renommés, notamment pour leurs couleurs au changement de saisons, se situe dans un héritage poétique cher aux artistes depuis l’époque Heian

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Yamamoto Baiitsu (1783 – 1856) Vue d’Arashiyama au printemps
Paravent à 6 feuilles, couleurs et feuilles d’or sur papier – 166 x 357 cm – 1832

Yamamoto Baiitsu (1783 – 1856) a réalisé sur une paire de paravents deux compositions similaires illustrant deux sites célèbres de montagnes et de rivières situés aux environs proches de Kyôto

Paris - Expo "Le Japon au fil des saisons" - Musée Cernuschi - IV

Yamamoto Baiitsu (1783 – 1856) Vue du mont Takao à l’automne
Paravent à 6 feuilles, couleurs et feuilles d’or sur papier – 166 x 357 cm – 1832

Le printemps à Arashiyama déploie ses cerisiers en fleurs tandis que sur le mont Takao les superbes érables rougeoient dans l’automne

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Le foisonnement des cerisiers du printemps au bord de la Hozugawa, la rivière Hozu

Les couleurs vives des pigments minéraux bleu et vert étincellent, le poudroiement de feuilles d’or pour évoquer les nuages dissimulent en partie le paysage mais donnent un splendide éclat aux deux compositions

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Debout sur le Togetsukyô, le pont Togetsu, les citadins admirent le paysage lointain

Les couleurs et les détails pittoresques situent ces œuvres dans le style décoratif des écoles Tosa et Kanô dont les peintures « Vues dans et hors de la capitale » décoraient les somptueuses demeures de l’aristocratie

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Sur le Togetsukyô, des femmes se promènent, en partie dissimulées sous des Kazuki, des kimonos portés sur la tête comme un voile !

Les citadins enrichis, soucieux d’imiter le genre de vie de la noblesse, adoptèrent la mode des excursions pour aller admirer en se divertissant les beautés naturelles des alentours de la capitale

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Au milieu des cerisiers en fleurs, des cabanes de thé couvert de chaume proposent leurs services

Le souvenir de ces moments festifs illustrés sur paravents furent un prétexte pour orner les pièces de réception des maisons de cette nouvelle bourgeoisie marchande

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En partie dissimulés par de grand pins, des bancs recouverts de tissu rouge offrent une halte de détente…

Chacun des deux paravent décrit les habitudes des citadins se promenant nonchalamment le long de la rivière en contemplant le paysage

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…où des serviteurs s’empressent d’apporter les collations dans des boîtes en laque

D’autres, debout sur un pont regardent au loin les collines aux pentes douces noyées sous les cerisiers exubérants ou admirent le rouge flamboyant des érables

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Promenade en bateau le long de la rivière pour profiter au plus près de la vue sur les cerisiers

Des échoppes de thé se sont installées près de la rivière afin d’accueillir les promeneurs pour une halte de repos

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En automne, la meilleure vue sur les collines rougeoyantes se situe sur le pont !

D’autres groupes de personnages, assis sur des nattes recouvertes de tissu rouge prennent un repas léger tout en devisant agréablement

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Assis au plus près de la Kiyotakigawa

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Les nattes sont déployées sous les érables

Dans ce monde de divertissement réservé aux citadins nantis, les paysans croisés et vaquant à leurs occupations n’occupent qu’une place infime

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Les paysannes portant un fagot sur la tête se hâtent vers la ville pour vendre leur bois

J’ai consacré quelques articles au site d’Arashiyama où les excursions y sont toujours en vogue !

Cette série d’articles se terminera avec quelques peintures de l’époque Meiji ( 1868 – 1912)